Recommandation du Réseau des ingénieurs québécois - L'État doit aider les entreprises à mettre en place des programmes d'économie d'énergie

Le Réseau des ingénieurs québécois (RIQ) estime que Québec doit mettre sur pied un fonds national d'efficacité énergétique afin de faire en sorte d'accélérer substantiellement les progrès dans ce domaine, surtout du côté de la grande entreprise, qui consomme la part du lion en énergie avec 40 % du total global.

Sinon, prédit l'organisme qui représente environ 54 000 des 58 000 ingénieurs du Québec, les objectifs que le Québec s'est donné en matière d'efficacité énergétique d'ici 2015 risquent fort de ne pas être atteints.

Un tel fonds, expliquait hier le président du RIQ, Étienne Coulombe, permettrait aux entreprises d'envisager des réductions de consommation d'énergie, électricité ou combustibles fossiles, qui ne seraient pas rentables à court ou à moyen terme.

Avec un tel fonds, comme il en existe d'ailleurs plusieurs aux États-Unis, le gouvernement finance les projets de moyen et long terme. Les entreprises remboursent cette dette avec les économies financières réalisées. Elles bénéficient par la suite des économies sans qu'il en ait coûté un sou aux contribuables. Aux États-Unis, de tels fonds sont aussi disponibles pour les contribuables, qui financent ainsi souvent de coûteuses rénovations.

Hémorragie de capitaux

Pour le RIQ, cette mesure constituerait le socle d'une véritable politique d'efficacité énergétique. Les mégawattheures économisés pourraient être revendus à profit à nos voisins. Quant aux combustibles fossiles, le RIQ ajoute qu'il est urgent de mettre un terme à l'hémorragie de capitaux que leur consommation engendre, laquelle atteint 20 milliards par an si en plus des combustibles on ajoute la valeur des voitures importées d'ailleurs.

Dans ce domaine, le RIQ préconise le développement d'une «industrie des véhicules hybrides et électriques au Québec».

Pour y arriver, il faut développer l'expertise québécoise dans la technologie des piles, adapter la sécurité routière pour faciliter la coexistence avec les hybrides et les tout-électriques, mettre en place des programmes d'achat et de remplacement des flottes, établir un réseau de soutien technique et de recharge et planifier la gestion du réseau électrique pour faire face à cette demande malgré tout marginale globalement.

Comme les ingénieurs sont convaincus que la demande en électricité continuera de croître, ils proposent de continuer à miser sur l'hydroélectricité, sur la modernisation des vieilles centrales, sur la restauration de Gentilly-2. S'ils avalisent presque toutes les politiques en place, ils recommandent cependant à Hydro-Québec d'intégrer désormais l'éolien avec l'hydraulique dans les futurs grands projets, ce qu'Hydro pourrait encore faire avec les projets de la Rupert et de la Romaine.

Ils suggèrent enfin à Québec de forcer la main de la société d'État afin qu'elle intensifie le recours aux énergies vertes, principalement l'éolien, le photovoltaïque et la géothermie. À leur avis, on doit stimuler l'autoproduction en obligeant Hydro-Québec à acheter cette production «à des tarifs préférentiels» suffisamment élevés pour que cette microproduction puisse servir à l'enrichissement collectif tout en augmentant la sécurité énergétique.

À voir en vidéo