Projet de développement immobilier de luxe - Les voisins du mont Royal expriment leur inquiétude

Même si le promoteur l'a remanié, les citoyens de l'arrondissement Ville-Marie et les Amis du mont Royal se méfient toujours du projet de développement immobilier de luxe aux abords du parc du mont Royal, sur le site de l'ancien séminaire de philosophie, a-t-on pu constater hier lors de la deuxième soirée des consultations publiques. Le promoteur a revu ses plans après avoir essuyé des critiques en début d'année, mais l'inquiétude, elle, n'a pas pu être effacée.

Le promoteur, Développment Cato, avait dû retourner à ses planches à dessin en février dernier après que le Conseil du patrimoine de Montréal eut donné un avis défavorable au projet. Depuis, la construction d'une clinique médicale a été abandonnée et la chapelle, protégée.

C'est donc armée de ses nouveaux plans que la firme Arbour et associés s'est présentée devant une assemblée d'une cinquantaine de personnes. Il est toujours question d'abattre 111 arbres — sur 2000 — sur le terrain de 65 000 mètres carrés. Le promoteur tempère, puisque «au moins 70 sont dans un état passable et 14 sont dans un état avancé de dépérissement». Il s'engageait hier, devant les citoyens, à en planter 361. Environ 325 unités d'habitations dans des bâtiments de 3 à 9 étages s'élèveront sur le terrain vendu 46 millions. Un stationnement de plus de 650 places sera creusé sous le terrain. Le séminaire de philosophie, bâti en 1894 par les pères, abritera 50 condos, et des maisons unifamiliales occuperont la partie ouest du terrain.

Le Plan de protection et de mise en valeur du mont Royal, adopté la semaine dernière, place les deux boisés du site de l'ancien séminaire «à l'extérieur de la zone écologique», a indiqué le représentant de la Ville, François Caron, ce qui a soulevé les interrogations des citoyens. «Quels sont les critères pour exclure ces deux boisés?», se demandait André Poirier. Classés «boisés d'intérêt à valoriser», ils ne peuvent être coupés, mais il est permis de construire dans les zones adjacentes, comme le prévoit le promoteur. Abritant principalement des espèces introduites comme l'érable de Norvège, la valeur écologique du site ne serait pas équivalente aux autres zones de la montagne.

«On met des bâtiments de 7 à 9 étages, je suis choquée parce qu'il me semble que cette partie de notre héritage doit être préservée», s'est indignée Nadia Alexandre. Une autre voisine du site s'inquiétait de l'impact qu'aura sur la vue l'édifice de neuf étages qui prendrait place à l'extrémité est du terrain.

Le promoteur Claude Marcotte certifie que les «analyses ont entraîné des changements». «Depuis, le plan mise en valeur du mont Royal a été adopté. Notre proposition respecte une grande partie du plan de protection, que ce soit le paysage, le milieu naturel que le milieu construit et aménagé.»

Le président des Amis de la montagne, Peter A. Howlett, voit une contradiction dans le fait qu'un «plan de protection et de mise en valeur pour le mont Royal [ait été adopté] et que [les élus] décident de mener un projet plus que surdimensionné, voire totalement inacceptable, jusqu'en consultations publiques», écrit-il sur le site Web de l'organisme en date du 4 mai. Selon lui, le projet «semble rencontrer les conclusions des diverses études demandées. Toutefois, [...] il ne répond pas au désir de la communauté de respecter les limites de la montagne.»

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