La Fête des travailleurs - Un 1er mai sur fond de crise

Les manifestants ont tourné en dérision les capitalistes.
Photo: Les manifestants ont tourné en dérision les capitalistes.

Sur fond de crise économique, des centaines de personnes ont manifesté hier dans les rues du centre-ville de Montréal à l'occasion de la fête des Travailleurs.

Les manifestants, issus de différentes tendances de la gauche radicale québécoise, se sont donné rendez-vous hier, en fin d'après-midi, au parc Cabot. Ils se sont ensuite élancés vers la Caisse de dépôt et placement du Québec, tenant à bout de bras une marionnette personnifiant son ancien dirigeant, Henri-Paul Rousseau. «On a pris la Caisse de dépôt et placement comme symbole dans le fond pour les excès, les abus du capitalisme du Québec inc.», a indiqué un des organisateurs de la manifestation du 1er mai, Mathieu Francoeur.

Alors que des jeunes brandissaient des étendards rouges, des Tamouls donnaient le rythme en frappant sur leurs tambours. Les centaines de manifestants ont pris d'assaut la rue Sainte-Catherine et ont marché jusqu'à Beaver Hall, scandant entre autres «Qui sème la misère, récolte notre colère!» et «Capitalistes, vrais terroristes!». Plusieurs d'entre eux ont reproché aux syndicats québécois leur «mollesse» devant l'État et le patronat.

«Crise pas crise, le capitalisme est un système pour nous qui est voué à l'échec et qui doit être remplacé par quelque chose d'autre», a affirmé

M. Francoeur. Il dit souhaiter un système «basé sur les gens et moins sur l'argent». Les manifestants se sont ensuite massés devant la Caisse de dépôt et placement avant d'être priés, peu après 19h15, de se disperser par les organisateurs. Quelques personnes ont alors incendié leurs affiches.

En France, des centaines de milliers de personnes ont pris part hier à des manifestations du 1er mai marquées par l'unité des syndicats qui ont dénoncé d'une seule voix la politique du président Nicolas Sarkozy en ce qui a trait à la crise. «J'avais la hantise que mes enfants soient au chômage. Voilà, c'est fait», a lancé André Lalanne, un retraité de l'industrie automobile, accompagné de sa fille de 45 ans à la recherche d'un emploi depuis 17 mois.

À Athènes, près de 6000 manifestants, essentiellement des militants syndicaux communistes, ont manifesté pacifiquement sous les yeux de quelque 4000 policiers.

En Espagne, où le taux de chômage vacille autour de 17,36 %, des milliers de manifestants portant des drapeaux rouges, couleur des deux grands syndicats espagnols, ont défilé à Madrid.

Une cinquantaine de personnes ont été blessées dans des heurts entre manifestants et policiers hier à Istanbul et à Ankara. Aux cocktails Molotov et aux pierres des assaillants, qui protestaient contre une crise qui laisse un jeune Turc sur trois sans emploi, la police a riposté à coups de canon à eau et de grenades lacrymogènes.

À Cuba, un demi-million de travailleurs a défilé hier sur la place de la Révolution à La Havane, selon les autorités, réclamant la levée de l'embargo américain. Portant la chemise blanche traditionnelle cubaine, le président, Raul Castro, a assisté au défilé à partir d'une tribune, mais n'a prononcé aucun discours.

***

Avec l'AFP et Reuters

À voir en vidéo