Le printemps de la Biosphère

L’ancien pavillon des États-Unis, le plus fréquenté de l’Expo 67, est devenu un musée de l’environnement.
Photo: L’ancien pavillon des États-Unis, le plus fréquenté de l’Expo 67, est devenu un musée de l’environnement.

Mercredi prochain, la planète célébrera la Journée de la Terre. D'ici là, 500 millions de personnes dans 184 pays participeront à une activité en faveur de l'environnement. Certains ramasseront les ordures au bord des routes ou dans les cours d'école. D'autres se brosseront les dents en prenant soin de garder le robinet fermé pendant l'opération et réduiront leur consommation d'énergie électrique. On marchera pour les droits à l'eau potable, contre la pauvreté dans le monde... Pour comprendre les enjeux environnementaux reliés à l'eau, aux changements climatiques et au développement durable, une visite à la Biosphère semble tout indiquée ce week-end.

Le plaisir commence dès la sortie du métro Jean-Drapeau. Une quarantaine de photos commentées illustrant la nature, la faune, la flore et les habitants de l'Arctique balisent le chemin menant à l'entrée de la Biosphère, musée de l'environnement.

L'exposition Arctique: le fragile équilibre raconte la richesse de l'habitat, la rudesse du climat, les impacts des changements climatiques, le développement du territoire, l'exploitation des ressources naturelles, la pollution, les recherches. Les images format géant provenant de scientifiques, d'artistes et d'individus passionnés du Grand Nord, comme Bernard Voyer, posent un regard poétique sur cette région qui s'étend sur plus de 26 millions de kilomètres carrés.

La Biosphère. Chef-d'oeuvre architectural. Ancien pavillon des États-Unis lors de l'Exposition universelle de 1967. À l'époque, la géode conçue par l'architecte-ingénieur-inventeur américain Richard Buckminster Fuller abritait sur six étages des centaines d'artefacts et d'oeuvres d'art témoignant du génie américain, ainsi que des engins spatiaux utilisés lors des vols Apollo. On se souvient: la file d'attente pour y entrer était sans fin. Mais on patientait pour emprunter vers le sommet de la coupole, cap sur la lune, l'escalier mobile le plus long du monde.

Les grands enjeux

La grosse bulle d'acier de 80 mètres, illuminée le soir, a accueilli pas moins de 5,3 millions de visiteurs. Le pavillon le plus fréquenté d'Expo 67, l'un des seuls parmi les 90 rassemblés sur les îles Notre-Dame et Sainte-Hélène à avoir survécu, est devenu un musée de l'environnement géré par Environnement Canada. Sa mission: informer le public des grands enjeux environnementaux planétaires et des gestes qu'on peut faire pour protéger le biotope.

«La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le façonner.» Buckminster Fuller estimait déjà que nous devions apprendre à gérer la planète d'une façon différente, plus respectueuse de l'équilibre fondamental des écosystèmes. En 1967, à une époque où la pollution dans les villes américaines représente plus un signe de prospérité qu'une calamité, le message de Buckminster Fuller passe dans l'oreille de sourds. Aujourd'hui, le visionnaire doit jubiler dans sa tombe.

À l'intérieur de la Biosphère, trois expositions interactives permettent aux visiteurs de tester leurs connaissances écologiques et culturelles en rapport avec la planète et l'Expo 67. Ces expositions colorées s'adressent aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Quelques conseils, toutefois: prévoir un pique-nique car on y passe facilement la journée, et... des vêtements de rechange pour qui compte visiter la salle «Eau génie!». Ici, on se mouille !

Lorsque l'icosaèdre renaquit de ses cendres en 1992 — le 20 mai 1976, lors de réparations de soudure, un incendie consuma en moins d'une demi-heure tout le recouvrement d'acrylique, laissant la structure intacte; le gouvernement du Canada et la Ville de Montréal prennent la décision de faire du bâtiment un centre d'observation environnementale consacré à l'eau, à l'écosystème du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs. Si le musée se consacre aujourd'hui au développement durable, l'exposition Planète Bucky, qui s'inspire de la philosophie environnementale de Buckminster Fuller étant un bon exemple, l'eau demeure le point fort.

Eau génie!

L'exposition Eau génie! propose huit modules amusants et intelligents. On dompte l'eau en réalisant des travaux fluviaux; on marche sur l'eau, ce qui enchanterait sûrement Archimède; on sculpte des paysages en utilisant la force de l'eau comme agent d'érosion; on observe la réaction d'un navire lorsque la mer se déchaîne; on tente de comprendre le phénomène des bulles géantes de gaz qui s'élèvent des fonds marins et engloutissent sans avertir les navires; on transporte de l'eau comme le font des millions de personnes pour leur survie...

Géant et mouvant s'articule autour des Grands Lacs, du tronçon fluvial, de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent. Dans cette salle, on touche, on joue, on fait des analogies. On se promène aussi dans un «container» pour y découvrir la provenance, parfois lointaine, d'une foule d'articles qu'on achète au quotidien.

Peu écologique, disent les puristes. Quant à J'embraye au vert, il s'agit d'un jeu géant sur le thème du transport. Si, après ce tour de salle, on n'est pas convaincu des méfaits de l'utilisation de la voiture sur la couche d'ozone, la cause est désespérée.

La «Maison écologique», tout à côté de la Biosphère, apporte aussi son lot d'idées pour une vie plus saine. La coquette habitation chauffée à l'énergie solaire fut construite par Équipe Montréal, un consortium d'une quarantaine d'étudiants en ingénierie de l'École de technologie supérieure ainsi qu'en architecture et design des universités de Montréal et McGill, pour le «Solar Decathlon 2007», un concours qui se déroule aux deux ans à Wahington, DC.

Enfin, le «Géo Tour 67» de la Biosphère: un circuit pédestre qu'on parcourt avec un GPS. L'ordinateur préprogrammé contient photographies, capsules audio, anecdotes et informations multiples sur 25 points d'intérêt des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame.

Dès qu'on arrive à l'un de ces points, l'appareil se met automatiquement en marche, transmettant de l'information visuelle ou sonore du lieu. On a le choix entre deux circuits de quatre kilomètres sur le thème de l'Expo 67 et de l'évolution des connaissances environnementales depuis les 40 dernières années. Une bonne pratique en vue du GéoRally organisé par la Biosphère dans le cadre du Jour de la Terre, le week-end prochain. Pour cette chasse aux trésors, l'entrée à la Biosphère sera gratuite.

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Collaboratrice du Devoir

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- Renseignements: 514 283-5000, www.biosphere.ec.gc.ca