Le SPVM reconnaît une partie des fautes

L’intervention policière lors de l’émeute de Montréal-Nord continue de susciter des critiques.
Photo: Jacques Nadeau L’intervention policière lors de l’émeute de Montréal-Nord continue de susciter des critiques.

Réactions partagées hier au rapport de la Commission de la santé et de la sécurité du travail, qui conclut que la manifestation du 10 août 2008 à Montréal-Nord a dégénéré en émeute en raison d'une «mauvaise planification» et de «confusion dans les ordres» du Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Pour le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, de nombreuses mauvaises décisions ont en effet été prises lorsque la manifestation a commencé à dégénérer, après 21h. Par exemple, on a dépêché des agents sur le lieu où une policière avait été atteinte d'une balle quelques minutes plus tôt, et ce, sans s'assurer que l'endroit était sécuritaire. Or, affirme M. Francoeur, il était «facile de prévoir qu'il y aurait des débordements». Cette manifestation se tenait le lendemain de la mort du jeune Freddy Villanueva.

Le directeur adjoint de la direction stratégique du SPVM, Jean-Guy Gagnon, admet pour sa part que son service a fait une mauvaise «évaluation de menace» en prévision de la manifestation. Le rapport de la Commission de la santé et de la sécurité du travail souligne d'ailleurs cette lacune. Le document donne en outre 90 jours au SPVM pour apporter trois correctifs majeurs, soit informer adéquatement les policiers des risques liés à une intervention, utiliser les méthodes et techniques visant à déterminer et éliminer les risques, ainsi que mieux réagir lorsqu'un policier est blessé.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a quant à lui jugé que le rapport «est incomplet et doit être bonifié», même s'il reconnaît la nécessité d'améliorer la formation et l'accompagnement des policiers qui ont à composer avec ce genre de situation d'urgence.

En ce qui a trait au rapport des chantiers de Montréal-Nord faisant état des problèmes de pauvreté et du sentiment d'insécurité des citoyens dans ce quartier, M. Tremblay insiste pour dire que les autorités sont déjà à pied d'oeuvre sur le terrain. Il précise que des gestes concrets sont prévus pour améliorer la confiance des résidants envers les autorités, mais aussi pour «revitaliser le quartier».

M. Gagnon, du SPVM, rappelle que le dossier «demeure sensible», mais insiste pour dire que le profilage racial n'est pas toléré et que les policiers ont reçu une formation en ce sens.

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avec La Presse canadienne

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