Les hommes de chevaux reviennent à la charge

La colère gronde chez les hommes de chevaux, qui réclament que le gouvernement du Québec leur redonne les actifs «cédés pour une bouchée de pain» à Attractions hippiques.

Une centaine de propriétaires de chevaux, d'éleveurs et d'entraîneurs, entre autres, étaient réunis hier à l'Hippodrome de Montréal pour exiger une intervention immédiate de Québec. «On nous a dépouillés de nos biens. [...] Aujourd'hui, c'est un avertissement. Je ne fais pas de menace, mais la promesse qu'on ne se laissera pas faire. On ne peut plus enrichir quelqu'un [le sénateur Paul Massicotte] au détriment de notre industrie», a déclaré au Devoir le nouveau président de l'Association trot et amble du Québec (ATAQ).

Au moment de la privatisation des hippodromes et du réseau des hippoclubs, Attractions hippiques a acheté les actifs pour un million de dollars, ce qui valait au moins 15 millions. Mais cette aubaine visait à permettre une véritable relance de l'industrie des courses de chevaux. Aux prises avec des difficultés financières importantes, l'entreprise du sénateur Massicotte s'est placée sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers depuis juin dernier. La nouvelle version de son plan de restructuration consiste à vendre des actifs et à se concentrer sur les hippoclubs qui diffusent des courses se déroulant hors frontières.

Attractions hippiques continue de percevoir la commission de 22 % sur les appareils de loterie vidéo alors qu'aucune course n'est tenue, privant les hommes de chevaux de leurs revenus. Ces derniers ont donc réitéré leur demande que le gouvernement mette un terme à ce «subterfuge».

De concert avec le Circuit régional des courses de chevaux au Québec et la Société des propriétaires et éleveurs de chevaux Standardbred du Québec, l'ATAQ a demandé une rencontre avec la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget. M. Vallières s'explique mal l'absence du gouvernement dans le dossier. «C'est le reflet de la façon de faire actuelle du gouvernement Charest: le laisser-faire», a-t-il affirmé, rappelant avec ironie que la priorité annoncée par la ministre lors du dépôt du budget est l'emploi. «Il est grand temps que les bottines suivent les babines!», a lancé M. Vallières devant ses collègues qui craignent de perdre leur gagne-pain.

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