Les jeunes noirs courent deux fois plus de risques de se faire arrêter

Un adolescent noir montréalais a deux fois plus de chances de se faire interpeller par des policiers qu'un jeune blanc, selon les conclusions d'une étude menée par le Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations de l'Université de Montréal.

En fait, sur les 1518 jeunes de 12 à 18 ans arrêtés en 2001 sur l'île de Montréal, et dont les dossiers ont été retenus aux fins de poursuite, 340, soit 22,4 %, étaient noirs. Or selon Statistique Canada, la population des jeunes montréalais était, en 2001, de 129 490 personnes, dont 88 890 blancs et 13 105 noirs.

Ces derniers sont donc deux fois plus représentés dans les dossiers remplis par les policiers. Qui plus est, conclut l'étude menée par les chercheurs Leonel Bernard et Christopher McAll, cette surreprésentation serait légèrement plus importante ici qu'aux États-Unis.

Les jeunes noirs sont aussi plus souvent arrêtés pour des délits contre la personne et le sont plus fréquemment avec des complices. Les auteurs de l'étude n'ont toutefois pas observé de différence entre Noirs et Blancs en ce qui a trait aux interpellations pour possession et trafic de stupéfiants. «Les jeunes se comportent de façon similaire qu'ils soient noirs ou blancs. Ils ne sont pas plus intoxiqués et possèdent, le cas échéant, le même type d'arme», précisent-ils.

Les deux chercheurs évaluent en outre que les jeunes noirs issus de milieux défavorisés ont plus de chances de se faire suivre dans ces centres commerciaux que des jeunes blancs, défavorisés ou non. Ces derniers sont toutefois plus violents en milieux scolaire et familial.

Profilage racial?

Le profilage racial pourrait bien expliquer une partie du phénomène, mais l'étude, réalisée par les chercheurs Christopher McCall et Leonel Bernard, n'est toutefois pas complétée. Ces résultats sont fondés sur une analyse détaillée des dossiers contenus dans les archives de la Chambre de la jeunesse.

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