Sortie entre filles, un 8 mars

La fondatrice du Musée de la Femme, Lydia Olga Ntap, serre dans ses bras la présidente de l’Association de la sclérose en plaques de la Rive-Sud, Gisèle Auprix–Saint-Germain, lors de l’inauguration du mur des Intempor’Elles.
Photo: Jacques Nadeau La fondatrice du Musée de la Femme, Lydia Olga Ntap, serre dans ses bras la présidente de l’Association de la sclérose en plaques de la Rive-Sud, Gisèle Auprix–Saint-Germain, lors de l’inauguration du mur des Intempor’Elles.

Chaque année, le 8 mars, Chantal Cloutier prend congé et rejoint sa mère, Jeannette Cyr-Cloutier, pour une activité soulignant l'émancipation des femmes. Hier, sa fille, Émilie Cloutier-Morin, s'est jointe à elles pour visiter le tout nouveau Musée de la Femme, à Longueuil.

Au mur, on retrouve les photos de 64 «Intempor'Elles», des femmes ayant repoussé les limites imposées à leur genre. «On est venues ici pour se rappeler le parcours de pionnières. Je suis contente que ma fille voit ce qu'elles ont fait. Les femmes de sa génération n'ont pas connu ça ne pas pouvoir aller à l'école», explique Chantal Cloutier, 47 ans.

Sa fille, âgée de 20 ans, évoque le défi de sa génération: composer avec une image hypersexualisée de la femme. Elle pense qu'une frange des hommes est encore convaincue de l'infériorité de la femme et que certaines misent sur leur corps pour s'affirmer.

Sa grand-mère, qui a grandi dans une maisonnée où les quatre filles faisaient seules le ménage, a dû convaincre son mari de la laisser travailler. Aujourd'hui, elle regarde sa petite-fille et s'inquiète, en dépit des possibilités d'étude et d'emploi infinies. «Je trouve cela dur le monde aujourd'hui. Les jeunes vivent avec le divorce, l'instabilité. J'ai l'impression que cela a basculé de l'autre côté», observe la dame de 69 ans.

Autour d'elles, une soixantaine de femmes et d'hommes visitaient le Musée de la Femme, où on inaugurait hier l'exposition des Intempor'Elles. De Hélène Desportes, la première enfant née en Nouvelle-France devenue sage-femme, jusqu'à l'astronaute Julie Payette ou encore la chef péquiste Pauline Marois, en passant par les incontournables Jeanne Mance, Marie Gérin-Lajoie et Thérèse Casgrain, l'exposition présente 64 femmes qui ont marqué le Québec. «Beaucoup de ces femmes ne se retrouvent pas dans les livres d'histoire. Pourtant, elles ont des parcours inspirants», explique la fondatrice du Musée, Lydia Olga Ntap.

Le musée, qui a ouvert ses portes en août dernier, est né de la curiosité de cette Néo-Québécoise d'origine sénégalaise pour l'émancipation des femmes du Québec. Pendant deux ans, Mme Olga Ntap a ramassé une foule d'objets, courant les ventes de garage et les antiquaires. Le mot s'est passé et des familles sont même venues porter leurs trésors du quotidien transmis de génération en génération.

Le premier musée de la femme au Québec et au Canada, qui attend toujours la reconnaissance officielle des gouvernements, présente un survol de la vie des Québécoises depuis près de deux siècles.

Des objets témoignent de leur vécu: des fers à repasser, des planches à laver, une cape d'infirmière, des brosses joliment ornées, un rouet et un dévidoir à laine, etc. Au mur, plusieurs photos montrent des scènes de la vie familiale, des usines où travaillaient des femmes au temps de la guerre, ou encore des classes d'une école ménagère. Souvenirs d'enfance pour les plus âgées, prise de conscience du quotidien et des luttes passées pour les plus jeunes.

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Musée de la Femme

672, rue Saint-Jean, Longueuil

www.museedelafemme.qc.ca
1 commentaire
  • Dominic Pageau - Inscrit 8 mars 2009 01 h 38

    Musée de propagande ?

    Dans le musée de la femme, on expose les fausses statistiques de Martin Dufresne du collecticf masculin contre le sexisme sur les meurtres de femmes par des hommes en tant qu'homme depuis les incidents de la polytechnique.

    Ce groupe de féministe extremistes ont fait des menaces et de l'intimidation l'hors du congrès Parole d'Hommes en 2005. Ils ont même fait un appel à la résistance sur le site internet

    http://www.antipatriarcat.org/antimascu/

    Cet appel à la résistance est rempli d'innombrables mensonges classiques aux féministes extremistes.

    Je ne crois pas que pareille fausse statistique est à sa place dans ce musée de la femme.

    Oui, le féminisme dérive, et ce depuis longtemps.