Les OGM gagnent du terrain

Plus de variétés, plus de superficies cultivées par plus d'agriculteurs. En 2008, les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont, pour une treizième année de suite, confirmé leur progression à l'échelle planétaire, où près de 125 millions d'hectares de ces plantes ont été mis en champs, révèle le dernier rapport de l'International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications (ISAAA).

Au Canada, les surfaces agricoles consacrées aux plantes transgéniques ont atteint l'an dernier 7,6 millions d'hectares, en croissance de 9 % par rapport à l'année précédente. Le pays se classe toujours dans le peloton de tête des producteurs mondiaux d'OGM, après l'Inde, le Brésil, l'Argentine et les États-Unis, poursuit l'organisme sans but lucratif versé dans la promotion de la transgénèse à des fins commerciales.

Le bilan annuel de l'ISAAA sur l'état des cultures transgéniques est devenu une référence pour le milieu agricole et les opposants aux OGM. L'organisme sans but lucratif est toutefois financé autant par des fondations privées que par des multinationales de la biotechnologie comme Monsanto.

Présentes sur de plus en plus de terres arables, les plantes modifiées génétiquement pour résister généralement à des pesticides tendent aussi à se diversifier, peut-on lire. Au-delà du trio le plus répandu d'OGM commerciaux, composé du maïs, du soya et du canola, l'agro-industrie a pour la première fois l'an dernier amorcé la culture d'une espèce de betterave sucrière génétiquement modifiée. Cela s'est passé aux États-Unis et au Canada.

La Chine a également remis au goût du jour la tomate génétiquement modifiée, un fruit qui pourtant, dans cette version, avait été à l'origine d'un échec commercial cuisant au milieu des années 90. Non pas en raison de son caractère transgénique mais plutôt à cause de son goût. Ailleurs dans le monde, la papaye, le coton, le poivron, la courge, la luzerne, les pétunias et les peupliers issus de la transgénèse ont poursuivi leur prolifération.

Tout en saluant l'entrée en 2008 du Burkina Faso et de l'Égypte dans le club des pourvoyeurs d'OGM, l'ISAAA a qualifié de «tournant historique» la présence désormais de 25 pays dans ce club. Par ailleurs, 13,3 millions de fermiers, soit 1,3 million de plus que l'année précédente, sont aujourd'hui dédiés à la cause des OGM.

L'organisme prétend par ailleurs qu'en 2007, ces plantes, qui nécessiteraient moins d'épandage de pesticide effectué par des tracteurs à essence, auraient permis d'économiser 14,2 milliards de kilos de CO2, soit la consommation annuelle de 6,3 millions de voitures. Elles sont aussi à l'origine d'une manne financière avec des revenus évalués à 7,5 milliards de dollars l'an dernier, contre 6,9 milliards un an plus tôt. Au cumul, depuis leur avènement en 1996, les OGM ont fait pousser 50 milliards de dollars dans les poches de ceux qui en font la promotion, se réjouit l'ISAAA.

À voir en vidéo