Procès du présumé terroriste Saïd Namouh - Liberté de religion ou terrorisme?

L'avocat de Saïd Namouh, René Duval, a démontré jusqu'où il était prêt à aller hier pour banaliser les accusations de terrorisme portées contre son client et les ramener à une simple affaire d'expression religieuse.

Lors du contre-interrogatoire d'une experte en contre-terrorisme, l'Américaine Rita Katz, Me Duval a fait ressortir hier que «près des deux tiers» d'un communiqué revendiquant l'enlèvement du journaliste de la BBC Alan Johnston, à Gaza en 2007, contenaient des incantations religieuses et des références au Coran.

Le hic, c'est que le reste de ce tract datant de 2007 soutenait que le meurtre du journaliste serait justifié, car il est au service de l'Angleterre, un pays jugé «ennemi de l'islam», en raison de sa participation aux campagnes militaires en Afghanistan et en Irak (Johnston avait finalement été relâché).

Ce communiqué et d'autre matériel de propagande ont été saisis sur l'ordinateur de Saïd Namouh, accusé de différentes infractions d'aide, complot et soutien au terrorisme. Les autorités le considèrent comme l'un des membres les plus actifs et les plus influents du Global Islamic Media Front (GIMF), qui dissémine la propagande d'al-Qaïda sur la Toile.

Namouh a admis être en possession du matériel saisi chez lui. Son avocat a indiqué au début du procès qu'il entendait invoquer l'article 2a de la Charte canadienne des droits et libertés, garantissant à son client la liberté de conscience et de religion. D'où le contre-interrogatoire particulier d'hier.

Rita Katz, spécialiste de l'analyse de sites Web et de forums de discussion tenus par des terroristes et des islamistes, a réitéré son point de vue à quelques reprises. Elle qualifie de «radicale» toute vision de l'islam qui encourage le meurtre d'innocents au nom de cette religion. «La plupart des musulmans ne considèrent pas al-Qaïda comme une organisation religieuse, mais comme une organisation terroriste», a-t-elle précisé.

En marge du procès, Me Duval a reproché aux autorités de tenter d'associer son client à al-Qaïda par tous les moyens. Quant à Mme Katz, il la juge «influencée par la doctrine Bush». Le procès reprendra lundi.
1 commentaire
  • Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin - Inscrit 23 février 2009 00 h 13

    les grands ténors absents !

    Les participants habituels les Charbonneau, les Roland Berger, les Montoya, les autres braves qui sont toujours prêts à dénigrer l'Église catholique pour son présent ou son passé plus ou moins récents, sont lamentablement absents dans les réactions au texte de Brian Myles. Pourtant leurs éclairs de génie seraient spécialement appréciables dans cette question qui prétend faire appel à la liberté de religion.
    Une liberté qui en vertu de l'article 2a de la Naïve Charte des Droits de la personne permettrait le terrorisme au nom de la liberté de religion. Les bonnes âmes du Comité des Droits pencheront-elles en faveur du terrorisme, étant le respect inconditionnel qu'ils portent, sans doute, à liberté de religion quand il ne s'agit pas de prier au début d'un Conseil d'administration d'une ville québécoise de foi catholique.