La discrimination fondée sur l'aptitude doit cesser, disent les assistés sociaux

Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec demande au gouvernement d'abandonner sa distinction entre les personnes aptes et inaptes au travail dans ses programmes d'aide sociale. Pour le groupe de pression, cette division ne fait qu'appauvrir les bénéficiaires jugés aptes au travail sans pour autant tenir compte de leur réelle «employabilité». Le Front invite la population à signer une pétition pour le soutenir dans cette campagne.

«Les critères pour décider qui est apte et qui est inapte au travail ne correspondent pas aux critères de sélection du marché du travail», affirme Amélie Châteauneuf, porte-parole du Front. Selon les propres données du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, il n'y a que 8,5 % des personnes jugées aptes au travail qui pourraient être engagées demain matin. Avec 564 $ par mois, ces personnes ne peuvent même pas survivre, se loger, se nourrir, etc. Nous demandons de mettre fin à ce régime pour que tout le monde ait l'argent nécessaire pour survivre, soit la prestation de base actuelle.»

Cette prestation se chiffre à 858 $ par mois, soit le montant perçu par personne assistée sociale jugée inapte au travail. Si elle est jugée apte, elle ne reçoit donc que 564 $. Il y a environ 175 000 assistés sociaux uniquement sur l'île de Montréal. À peine un sur cinq (35 000 au total) est considéré comme inapte au travail.

Mme Châteauneuf explique que les personnes jugées aptes à occuper un emploi se trouvent très souvent incapables de répondre aux critères du marché du travail. Elles peuvent par exemple avoir un casier judiciaire, un passé de toxicomane ou une formation très déficiente.

Le Front organisait hier à Montréal une journée consacrée à ce problème. Le Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS) de l'UdeM a dévoilé les résultats préliminaires d'une enquête en cours concernant les impacts des distinctions ministérielles (aptes/inaptes) sur la santé des personnes, leur logement, etc. Une tournée québécoise organisée dans les prochains mois permettra de compléter les résultats de l'enquête, qui ne sera pas déposée avant septembre prochain.
8 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 21 février 2009 09 h 31

    «Quand les faux prétextes deviennent violence économique»

    «Quand les faux prétextes deviennent violence économique»

    Il est parfaitement clair, et ce, depuis des décennies, que l'État agit de manière barbare, frauduleuse et parfaitement irresponsable dans le dossier des personnes assistées sociales du Québec.

    Il est absolument honteux et scandaleux que l'État ne comprenne pas, ou plutôt : «NE VEUILLE PAS COMPRENDRE» que même en admettant qu'une personne puisse «en théorie» ou plutôt, selon « SA » théorie, retourner sur le marché du travail, que lorsqu'on n'a pas d'emploi, il est «IMPOSSIBLE» de survire avec 564$ par mois de revenus.

    Cela mine même ses chances, s'il en était, de se retrouver du travail.

    Avec 564 $ par mois, on ne «VIT» pas vous saurez :

    - On « CRÈVE ».

    Un telle irresponsabilité et une telle ignominie relèvent de pure et simple «violence économique».

    Cela mériterait d'être sans relâche dénoncés par "TOUS" les intervenants les plus influents de notre société : Des artistes, aux politiciens, des animateurs de télévision aux tribuns des journaux et des vedettes sportives aux leaders syndicaux. Car nous sommes tous et toutes concernés.

    Sans quoi, nous pourrons tous nous estimer complices et responsables d'une telle horreur sociale et de nous être croisés les bras devant la misère la plus abjecte, honte de notre société.


    Cessons d'endosser l'hypocrisie et le crime de l'État.


    À bas le double statut à l'aide sociale !



    _________________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec solidaire
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec


    Articles pertinents :

    «Vigile sous la tente devant l'Assemblée nationale
    Une réussite médiatique» :

    http://www.vigile.net/Une-reussite-mediatique

    Rapport interne du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale :

    «La politique Nazi des bouches inutiles et la lecture des statistiques d'aptitude au travail» - Rodolphe Bourgeoys :

    http://www.ledevoir.com/2008/11/21/commentaires/08

    «Quand j'ai rencontré Madame Marois...»
    http://www.pressegauche.org/spip.php?article2938


    .

  • André Michaud - Inscrit 21 février 2009 11 h 48

    Pourquoi aider les paresseux parasites?

    Comme mes concitoyens je suis d'accord pour aider les malades et inaptes au travail, ils devraient même avoir plus d'aide dans certains cas.

    Cependant avec les aptes au travail, on devrait faire comme en Suède et limiter à 2 ans l'aide. Deux ans pour étudier ou se recycler et redevenir des citoyens responsables c'est suffisant. Pourquoi les citoyens responsables devraient-ils entretenir des paresseux parasites et anti-sociaux? Arrêtons cette injustice et cette incitation au parasitisme. Avez-vous calculé combien de jours dans votre vie vous vous lèverai de bonne heure pour faire vivre ces parasites? Et ils rient de nous et au lieu de se prendre en main osent vouloir nous voler encore plus nos salaires de TRAVAILLEURS...

    Plein d'employeurs manquent de main d'oeuvre, il y a plein d'emplois disponibles. Ceux qui ne les trouvent pas assez lucratifs n'ont qu'à étudier et apprendre un métier. Un petit DEP en soudure vous rapportera 30$ de l'heure. Ou alors apprendre à conduire des machineries...etc.. Il y a plein d'Occasions pour qui veut arrêter de rester assis devant sa télé à attendre le chèque de bs. Un bon coup de pied au cul leur rendra plus service que la moumounerie et le culte de la pauvre petite victime (sniff sniff...)

  • Pierre-Yves Pau - Inscrit 21 février 2009 14 h 05

    Boucs émissaires

    Intéréssant de voir comment dans le contexte de pillage systématique des ressources publiques par les lobbies de l'industrie (auto, construction, finance), ce sont soudain les maigres subsides aux assistés sociaux qui deviennent le pelé, le galeux d'ou provient tout le mal. Il me dérange 100 fois moins de voir mes taxes utilisées à offrir un bol de soupe ou un toit à un sans-logis, que gaspillées pour garantir le fond de pension de parfaits étrangers qui se la sont coulé douce pendant des années, et ne me rendront jamais la pareille si le cas se présente. C'est très choquant cette chasse aux boucs émissaires... la crise aurait elle raison des derniers scrupules moraux de nos bureaucrates avides et effrontés?

  • Christian Montmarquette - Abonné 21 février 2009 14 h 57

    @ André Michaud : Qui sont les véritables parasites ?

    Je vais tenter de retenir mon langage Monsieur Michaud.

    Car, de toutes évidences, vous ne me semblez rien connaître au sujet, en propageant votre fiel ignare, présomptueux, haineux et indigne d'une société le moindrement civilisée.

    Alors ? ?

    Qui sont les véritables parasites ???

    Des personnes affaiblies, démunies éprouvant toutes sortes de difficultés sociales et personnelles, qui n'ont même pas l'argent suffisant pour se payer une passe d'autobus et qui tentent de survivre avec 564 $ par mois de misère ?

    Ou toutes ces multinationales, ces véritables sangsues de l'État, graissées à coups de milliards avec la complicité gouvernementale ???

    À moins, évidemment, que le pire des BS, soit ce Mario Dumont, sans doute une autre «paresseux» comme vous dites ; un gars qui n'a jamais eu un véritable travail, et qui va maintenant vivre au crochet de l'État avec une pension «À VIE» de plus de 100,000$ ???

    Réfléchissez bien Monsieur Michaud,

    Car le prochain paresseux que l'on laissera crever de faim, sera peut-être vous-même, un de vos enfants, un de vos amis ou un autre des membres de votre famille.

    ...et ce jour-là, Monsieur Michaud, ous n'aurez qu'à vous rendre pour demander la charité, tel le quêteux du village, comme dans les années les plus sombres et les plus arriérées du Québec, à la Guignolée ou la Roulotte de Pop's pour coucher dehors et manger un hot dog avec une moins grande dignité que celle que l'on accorde aux animaux de compagnie.

  • Cochise Brunet-Trait - Inscrit 21 février 2009 17 h 16

    @ M. Michaud, et tous ceux n'ayant encore rien compris

    Premièrement, le titre même de l'intervention de M.Michaud est problématique. Il nomme les assistés sociaux "paresseux et parasites". Ces deux termes présentent une vision très limitée de la situation.

    Premièrement, le terme "paresseux" illustre un jugement de valeur. M. Michaud (je suis conscient que bien d'autres personnes véhiculent ce type de jugement, mais il s'est lui-même présenté comme étant leur représentant) suppose que ces personnes ont pris, consciemment, la décision de ne pas travailler. Or, il faut comprendre que le choix qu'a une personne est toujours tributaire des opportunités qui s'offrent à elle. Autrement dit, l'individu ayant grandi dans un milieux aisé dispose d'un espace de choix beaucoup plus large que celui issu d'un milieux défavorisé.

    Paralèlement à ce fait, nous devons considérer le fait que notre société, laquelle est de plus en plus basée sur le savoir, est beaucoup plus exigente en ce qui concerne la formation. Or, les personnes assistées sociales ont très souvent un niveau de formation inadéquat aux besoins du marché actuel de l'emploi.

    Alors entre en jeux un des arguments de M. Michaud et compagnie, lequel affirme que ces personnes n'ont qu'à retourner aux études. Retourner aux études est un choix. Mais, comme mentionné précédemment, les choix sont tributaires des conditions de vie des individus. Dans les milieux défavorisés, le choix de retourner aux études est souvent hors de portée pour diverses raisons (situation familiale, monoparentalité, conditions de santé non-diagnostiquées, etc.). Ainsi, travailler à améliorer l'accessibilité aux études pour les personnes asistées sociales serait déjà un pas dans la bonne direction. Hausser les montants de l'aide sociale pour tous les assistés sociaux pourrait fort probablement ne pas faire de tort en ce sens.

    À ceci, ajoutons le fait que le faible montant alloué aux assistés sociaux dits aptes au travail est un risque pour leur santé. Un montant si faible fait en sorte que ces personnes ne peuvent se loger, se nourrir et s'habiller convenablement, ce qui ne peut faire autrement que de ruiner leur état de santé, et par là compromettre tout retour possible au travail.

    Deuxièmement, l'utilisation du terme "parasite", dans une société civilisée, démocratique et chapeautée par une Charte des droits de la personne n'est pas approprié. Se dit d'un parasite un être nuisible dont l'élimination ne peut être que désirable. On ne peut, en aucun cas, utiliser ce terme pour désigner d'autres êtres humains. D'ailleurs, il est mentionné dans la Charte que "tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité." Ainsi, on ne peut considérer que les personnes sont différentes en valeur en raison de leur statut social.

    En terminant, il est intéressant de constater que ce sont les plus aisés qui méprisent les plus pauvres; ceux qui ont du travail qui méprisent ceux n'en ayant pas; ceux ayant de l'instruction qui méprisent ceux n'en ayant pas; etc. Lorsque l'on est favorisé, il faut savoir apprécier sa chance, d'une part, en ne méprisant pas les moins fortunés, d'autre part en étant content d'aider ces personnes par nos impôts. Finalement, M. Michaud et tous les autres, si vous considérez que la situation d'assisté social est si avantageuse, pourquoi ne pas quitter votre emploi? Ceci libérerait des places sur le marché du travail qui pourraient être comblées par des personnes en ayant plus besoin que vous. Ces personnes ne pourront que vous remercier.

    M. Cochise Brunet-Trait
    Sociologue