Meurtre d'un agent correctionnel - Paul Fontaine est reconnu coupable

Le motard Paul Fontaine a été reconnu coupable, hier, du meurtre prémédité du gardien de prison Pierre Rondeau, survenu le 8 septembre 1997.

Dans un verdict unanime rendu au palais de justice de Montréal, le jury a aussi reconnu coupable le membre de l'organisation des Hells Angels pour le deuxième chef d'accusation de tentative de meurtre de l'agent Robert Corriveau.

Le jury était isolé depuis mardi.

Dans le premier cas, la peine obligatoire est la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Des observations sur la peine devront être faites concernant le deuxième chef d'accusation de tentative de meurtre. Une rencontre pour déterminer la date de ces observations doit se tenir vendredi.

Fontaine avait réussi à se soustraire aux recherches policières pendant six ans. Il avait finalement été arrêté en 2004, à Québec, où il vivait sous le nom de Jean Goyer.

Le principal témoin au procès de Fontaine est le délateur Stéphane Gagné. On peut facilement croire que la crédibilité à accorder à son témoignage a constitué le coeur des délibérations des jurés.

«Nous sommes très reconnaissants envers le jury pour cette décision qui nous lance le message que nous avons bien fait notre travail, a dit hier le procureur de la Couronne, Randall Richmond. La preuve était très forte, basée sur le témoignage de Stéphane Gagné. Il a maintenu sa position durant 13 jours de contre-interrogatoire, et 84 autres témoins sont venus confirmer son témoignage sur différents éléments.»

Pas de commentaire

L'avocate de Paul Fontaine, Carole Beaucage, s'est refusée à tout commentaire.

La théorie de la Couronne est que Fontaine est l'un des tireurs et Stéphane Gagné, l'autre. Plus encore, la Couronne croit que l'agent Rondeau a été tué au hasard, dans le cadre d'un plan du chef des Hells Angels Nomads, Maurice Boucher, désireux de déstabiliser le système judiciaire et d'enrayer la délation en s'assurant le silence au sein de ses troupes.

Pierre Rondeau a été assassiné quelques mois après sa collègue Diane Lavigne. Robert Corriveau, qui se trouvait dans le même véhicule que son collègue Rondeau, a eu plus de chance et il a survécu à l'attentat. Le jour fatidique, les deux agents correctionnels s'en allaient chercher des détenus au centre de détention de Rivière-des-Prairies, comme tous les jours. Ce jour-là, le fourgon a été criblé de balles.

Par ailleurs, une troisième demande d'avortement du procès par la défense avait été rejetée peu avant l'annonce du verdict. La défense alléguait qu'un juré était entré en communication avec un constable spécial. Selon Me Richmond, le juge a rencontré les deux parties et a déterminé que cela n'avait pas eu d'impact sur le travail des jurés.

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