Québec négocie une nouvelle entente avec Attractions hippiques - Une opération sauvetage d'un ami politique, accuse le Parti québécois

Le gouvernement Charest s'apprête à sauver un ami libéral de la faillite en puisant à même les fonds publics, accuse le Parti québécois. Le député François Legault qualifie d'ailleurs d'inacceptable le plan qui serait proposé par le gouvernement pour empêcher Attractions hippiques de sombrer.

Ce dernier dit avoir bondi lorsqu'il a pris connaissance des intentions des libéraux, qui pourraient fournir à l'entreprise en difficulté des appareils de loterie vidéo supplémentaires tout en la dégageant de ses responsabilités à l'égard des courses de chevaux.

«À part de sauver les fesses de M. Massicotte, on ne comprend pas l'objectif», a tonné le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, en marge d'une réunion des députés du Parti québécois à La Malbaie.

M. Legault a indiqué que le gouvernement permettrait ainsi à l'entreprise du sénateur libéral d'engranger plus de revenus sans qu'elle ait d'obligations à l'égard des emplois liés à l'industrie des courses de chevaux.

Attractions hippiques, qui avait obtenu le mandat de relancer les hippodromes du Québec, mettrait la main sur 400 appareils de loterie vidéo pour augmenter ses revenus et bénéficierait de la possibilité de ne diffuser que des courses de chevaux sur écran géant. Le sénateur libéral Paul Massicotte, propriétaire d'Attractions hippiques, serait sur le point d'obtenir une plus grande rentabilité liée aux AVL, sans être obligé de maintenir l'Hippodrome de Montréal ouvert pour assurer la relance de l'industrie des courses.

Attractions hippiques, qui est placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers depuis juin dernier, fait face à une dette de 70 millions de dollars et doit présenter un plan de relance en Cour supérieure le 4 février.

Le PQ soutient qu'il ne s'oppose pas à ce que le gouvernement québécois soutienne cette industrie moribonde, à condition que les retombées économiques en valent la mise. Mais il a répété que, dans ce plan évoqué pour sauver Attractions hippiques, qui n'a pas été nié par le gouvernement, on ferait en sorte de «donner de l'argent à M. Massicotte en échange d'aucune retombée économique».

Le porte-parole adéquiste en matière de finances publiques, François Bonnardel, presse quant à lui le gouvernement de tout faire pour mettre un terme à ses engagements envers Attractions hippiques. Selon lui, si M. Massicotte n'a pas respecté son contrat, le gouvernement a le devoir de rompre l'entente qu'il a avec Attractions hippiques. «Ce n'est pas le mandat du gouvernement de sauver la peau d'un gestionnaire irresponsable, a-t-il affirmé hier par voie de communiqué.

Par ailleurs, le Conseil communautaire de Côte-des-Neiges, à Montréal, qui regroupe 45 organismes communautaires du secteur, qualifie de pire scénario possible la création de ce qu'il appelle un «casino privé» sur le terrain de l'hippodrome.

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Avec Le Devoir

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