Québec sauverait la mise à Attractions hippiques

Photo: Jacques Nadeau

Le gouvernement du Québec envisage de participer au redressement financier de l'entreprise Attractions hippiques en augmentant le nombre d'appareils de loterie vidéo (ALV) dont elle bénéficie et en limitant les courses de chevaux à une diffusion sur écran géant.

Selon les informations recueillies par Le Devoir, le sénateur libéral Paul Massicotte, propriétaire d'Attractions hippiques, semble être en voie d'obtenir du gouvernement une plus grande rentabilité liée aux ALV sans, en contrepartie, maintenir l'Hippodrome de Montréal ouvert pour assurer la relance de l'industrie des courses. Ces éléments constituent le coeur du plan de redressement que doit présenter en Cour supérieure Attractions hippiques, qui est placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers depuis juin dernier. Mais déjà, l'entreprise prévoit demander un nouveau délai pour compléter ce plan.

C'est ce qui ressort d'une rencontre tenue mardi entre le ministère des Finances et des représentants des associations d'hommes de chevaux. Alain Vallières, de la Société des propriétaires et éleveurs de chevaux du Québec, participait à cette réunion et en est ressorti indigné. «C'est inconcevable ce qui se passe actuellement. La privatisation des hippodromes avait pour but de relancer les courses, pas de créer un minicasino», a-t-il affirmé hier.

Ainsi, Attractions hippiques pourrait continuer d'occuper une partie du terrain de l'Hippodrome de Montréal et ainsi offrir les services de son hippo club, c'est-à-dire un bar qui diffuse des courses de chevaux se déroulant souvent outre-frontières. Aussi, la clientèle aurait accès, non plus à 200 ALV comme maintenant, mais plutôt jusqu'à une centaine de plus. Devant les difficultés financières d'Attractions hippiques, Québec lui consentirait également une hausse du nombre d'ALV à l'hippodrome d'Aylmer, qui passerait de 65 à 100 ALV.

Pour chacun de ces ALV, Attractions hippiques empoche une commission de 22 % des revenus qu'ils génèrent. Ces

135 nouveaux ALV s'ajouteraient à ceux situés dans les deux salons de jeu adjacents aux hippodromes de Québec et de Trois-Rivières, qui sont gérés par Loto-Québec. Entre janvier et novembre 2008, Attractions hippiques a reçu sept millions en revenus.

Aux Finances, on a confirmé à M. Vallières que la fermeture de l'Hippodrome de Montréal est en discussion. M. Massicotte n'aurait plus à construire un nouvel hippodrome dans la couronne nord de Montréal et ne verserait plus que 12 millions annuellement en bourses aux hommes de chevaux.

«C'est une catastrophe pour l'industrie de l'élevage des chevaux, qui est une industrie régionale. Montréal, c'est le coeur et les poumons de toute l'industrie. En plus de l'hippodrome, il y a quatre grands centres d'entraînement», s'est désolé M. Vallières.

L'Hippodrome de Montréal pourrait être appelé à devenir un salon de paris parmi d'autres. Actuellement, le réseau en compte 15 dans la province, dont le plus gros est situé à Laval. Tous ces salons de paris ou hippo clubs abritent aussi des ALV pour un total de 150.

Un moratoire est actuellement en vigueur au Québec empêchant l'émission de tout nouveau permis d'ALV. Un décret gouvernemental serait donc nécessaire pour bonifier la situation d'Attractions hippiques, ce que le conseil des ministres a déjà fait en 1997 pour octroyer les 200 ALV

situés à l'Hippodrome de Montréal.

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