Procès médiatisé sur le partage du patrimoine familial - L'avocat de Monsieur sermonne l'avocate de Madame

L'avocate Anne-France Goldwater a fait l'objet de critiques hier pour sa gestion du dossier de sa cliente, qui réclame plus de 50 millions en aide alimentaire et en partage du patrimoine familial à son ex-conjoint fortuné.

L'avocat de Monsieur, Pierre Bienvenu, a déploré devant la juge Carole Hallée la conduite de Me Goldwater, à qui il a reproché d'avoir introduit une preuve «inutile et préjudiciable», la semaine dernière, lors du témoignage de Madame. Une ordonnance de non-publication empêche de divulguer l'identité des parties.

De nombreux détails sur les déboires du couple, qui ont mis fin à leur relation mi-figue mi-raisin en 2002, après dix ans de fréquentation, ont été livrés par Madame lors de son interrogatoire. À charge de revanche, Me Bienvenu a questionné la dame sur ses fréquentations amoureuses depuis la rupture et au sujet de ses liens avec l'homme d'affaires Herbert Black, qui paie pour elle les honoraires de cette bataille judiciaire, au coût d'un million de dollars.

Me Bienvenu estime néanmoins que Monsieur et les trois jeunes enfants du couple sont les «victimes» du tapage médiatique entourant la cause et des nombreuses révélations faites par Madame sur des aspects relevant de la vie privée. Selon lui, les allégations «dommageables» de Madame n'avaient pas leur place en Cour et sur la place publique. Il a dit espérer que «l'indignation» manifestée vendredi dernier par la juge Carole Hallée ne va pas s'estomper lorsqu'elle rédigera son jugement dans les prochains mois.

La juge Hallée a déclaré vendredi qu'elle se fait «un reproche» de ne pas être intervenue lorsque l'interrogatoire de Madame a dévié de son objectif principal. Faut-il le rappeler, ce n'est pas des modalités de la rupture et de la garde des enfants qu'il est ici question. Madame et son avocate cherchent plutôt à faire invalider les dispositions du Code civil qui privent les conjoints de fait d'une aide alimentaire et du partage du patrimoine familial en cas de rupture. Il s'agit d'abord et avant tout d'un litige constitutionnel, et non d'un litige familial.

Toujours vendredi, la juge Hallée a par ailleurs laissé entendre que les entrevues accordées par Me Goldwater et sa cliente dans les médias de masse (notamment à l'émission de Paul Arcand) dépassaient «les limites». «Ça, c'est moi, mais c'est en dehors de ma cour», a-t-elle dit. «J'ai entendu un petit bout d'entrevue hier [jeudi] que quelqu'un [...] m'a demandé d'écouter concernant Paul Arcand. Ça référait à des objections. Je ne suis pas de bonne humeur ce matin. Ça ne changera rien dans le dossier, inquiétez-vous pas. La question est intéressante, j'en mange. J'ai fait du droit familial toute ma vie, je suis contente d'avoir ce dossier-là. Mais je déplore ce qui se passe en dehors de ma salle d'audience», a déclaré la juge.

Questionnée à ce sujet, Me Goldwater a dit hier qu'elle se rangeait à l'opinion de la juge, indiquant que sa cliente avait été «très blessée» par les réactions du public à la suite de son témoignage. Selon elle, les médias ont trop insisté sur «le potinage» et pas assez sur l'importance de cette cause pour les conjoints de fait.

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