Les fromagers artisans s'unissent pour assurer leur survie

Malmenés par les autorités sanitaires, à la suite de la crise de la listériose qui a frappé le Québec l'été dernier, plusieurs fromagers ont décidé d'unir leurs voix cette semaine pour mieux se faire entendre. Comment? En créant l'Association des fromagers artisans du Québec, dont l'objectif est d'assurer désormais l'essor de leur secteur agricole, qualifié de «fragilisé» par plusieurs acteurs des terroirs québécois.

«Ce regroupement est devenu impératif», a indiqué Louis Arsenault, fromager de son état et président de ce nouveau groupe de défense des intérêts alimentaires du Québec, qui comprend pour le moment une trentaine de producteurs. La fromagerie du Pied-de-vent, des Îles-de-la-Madeleine, mais aussi la fromagerie Lehmann, du Lac-Saint-Jean, sont du nombre.

Selon lui, cette association devrait devenir «une voix représentative et légitime» pour porter «les préoccupations des fromagers artisans», qui ne veulent plus que «leur isolement et l'absence d'organisation» continue de «justifier le statu quo» et fasse émerger des «programmes inadaptés à notre réalité d'artisans», a-t-il poursuivi.

La semaine dernière, dans les pages du Devoir, plusieurs producteurs de fromages mais aussi défenseurs de la ruralité ont vivement déploré le recul palpable dans les terroirs du Québec depuis quelques mois. Selon eux, l'éclosion de Listeria monocytogènes dans un nombre infime de fromages l'été dernier, mais surtout l'imposante crise médiatique qui s'en est suivie ne sont pas étrangères à ce recul, le ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation (MAPAQ) ayant, selon plusieurs observateurs, mal géré cet événement et semblant continuer à entretenir la débâcle, prétendent-ils.

Dans ce contexte, l'Association des fromagers artisans du Québec s'est donné pour objectif de rétablir «un climat basé sur le respect et la confiance avec le MAPAQ», ont décidé les membres fondateurs lors d'une rencontre tenue à Deschambault-Grondines, dans la région de Portneuf, mercredi soir dernier. Le nouveau groupe de pression souhaite également «travailler avec les instances gouvernementales» pour l'adoption d'«un cadre réglementaire et financier adapté à la réalité des fromageries artisanales», mais aussi pour la «mise en place de mesures compensatoires visant à assurer la pérennité des fromageries artisanales», pérennité incertaine pour plusieurs producteurs par les temps qui courent.

À voir en vidéo