Les événements météorologiques de 2008 - «L'été exécrable» a été plus frappant que «l'hiver interminable»

Au cours des mois de juin et juillet, les Montréalais ont connu 
35 jours de pluie. Pire, l’Abitibi et la ville de Québec ont eu droit à respectivement 45 et 42 jours de précipitations.
Photo: Agence Reuters Au cours des mois de juin et juillet, les Montréalais ont connu 35 jours de pluie. Pire, l’Abitibi et la ville de Québec ont eu droit à respectivement 45 et 42 jours de précipitations.

Les témoins oculaires qui ont aperçu les deux trombes qui se sont formées à proximité de Montréal le 23 juillet dernier seront déçus d'apprendre que le phénomène qu'ils ont eu la chance d'observer n'a pas été retenu parmi les événements météorologiques les plus marquants de 2008.

Bien que ce genre de phénomène ne se produise généralement que dans les tropiques, Environnement Canada a décidé de faire plaisir à la majorité en plaçant l'«été exécrable» qu'a connu l'est du Canada durant la dernière période estivale au premier rang des 10 événements météorologiques les plus frappants de 2008 au Canada.

«C'est la fréquence des précipitations qui a retenu l'attention, et pas la quantité comme telle», a précisé René Héroux, météorologiste de sensibilisation aux conditions menaçantes à Environnement Canada.

Ainsi, au cours des mois de juin et juillet, les Montréalais ont connu 35 jours de pluie. Pis encore: l'Abitibi et la ville de Québec ont eu droit à respectivement 45 et 42 jours de précipitations. De plus, les journées où le mercure a affiché au moins 30 °C dans le sud-ouest du Québec se sont faites très rares, a rappelé hier M. Héroux, lors d'une conférence de presse pour le dévoilement de la 13e édition des 10 événements météorologiques les plus marquants de cette année. Montréal n'a eu droit qu'à cinq journées de plus de 30 °C, contre 17 l'année dernière.

Cet été qualifié de «supplice de la goutte d'eau» a surtout fait la vie dure aux cultivateurs. Environnement Canada estime que 2008 fut la pire année pour les producteurs de foin, dont la récolte s'est faite plus tard que jamais, pour un produit de qualité inférieure, de surcroît. Fraises, laitues et framboises pourrissaient presque sous l'humidité excessive. La grêle a coûté plus de 350 millions en pertes aux agriculteurs des Prairies, sans épargner, plus près de nous, les vergers de la région d'Oka.

Le météorologiste d'Environnement Canada a vite trouvé un coupable à inculper pour cet «été exécrable». Il a expliqué qu'une dépression en latitude s'était installée au-dessus de l'est du continent et qu'elle y était restée une bonne partie de l'été, soit de la fin du mois de mai à la mi-août.

Mais bien qu'elle ait été dominée par la pluie, les nuages, la bruine, la brume et des températures plutôt fraîches, la période estivale de cette année a apporté son lot de bonnes nouvelles, a tenu à préciser M. Héroux. «Peut-être que certains jardins étaient plus luxuriants, a-t-il dit. Les épisodes de smog ont été moins nombreux. Et peut-être que le niveau du fleuve Saint-Laurent a pu prendre un peu de galon et se stabiliser.»

L'«hiver interminable» qu'ont vécu les résidents du Québec et de l'Ontario a remporté la troisième place dans le recensement annuel de l'organisme fédéral. D'ailleurs, plusieurs autres places de ce palmarès annuel traditionnel étaient directement liées à cet hiver record. La tempête monstre des 8 et 9 mars derniers, ensevelissant l'est du pays sous 50 cm de neige, occupe la 7e place. Les froids sibériens enregistrés dans les Prairies sont au 9e rang, et l'arrivée précoce de la saison froide occupe le 5e rang.

Selon M. Héroux, plusieurs records de précipitations de neige ont été brisés dans bien des endroits au Québec, plus précisément ceux situés près de la vallée du Saint-Laurent.

La ville de Québec, par exemple, a reçu 558 centimètres de neige, un chiffre record, et une quantité de neige qui ne survient, en moyenne, que tous les 65 ans, selon le météorologiste. Malgré les 371 centimètres de neige qui sont tombés sur Montréal, aucun record n'y a été enregistré en 2007-08. «On est venus bien près, à quelques poussières, en quelque sorte», a-t-il lancé. À Montréal, le record est de 383,3 centimètres et il a été établi en 1970-71. Quelques flocons de plus...

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Avec Le Devoir

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