Priorités pour 2009 - La FTQ travaillera à mettre sur pied le plus large front commun possible

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, a confirmé hier, à l’occasion de sa conférence de presse annuelle, qu’une entente de principe avait été signée avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et que les discussions avec le Secr
Photo: Jean-François Leblanc Le président de la FTQ, Michel Arsenault, a confirmé hier, à l’occasion de sa conférence de presse annuelle, qu’une entente de principe avait été signée avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et que les discussions avec le Secr

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) souhaite la mise en place du plus large front commun syndical possible en 2009 et compte faire valoir la nécessité d'un rattrapage salarial pour les employés du secteur public.

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, a confirmé hier, à l'occasion de sa conférence de presse annuelle, qu'une entente de principe avait été signée avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et que les discussions avec le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) seront la priorité en janvier.

M. Arsenault espère pouvoir unir les forces syndicales en vue des négociations qui doivent s'amorcer l'automne prochain dans le secteur public. Les conventions collectives viennent à échéance le 31 mars 2010.

Le président de la FTQ a aussi tendu la main au gouvernement du Québec.

«À chaque négociation dans le secteur public, il y a des chicanes à n'en plus finir. Il me semble qu'on pourrait faire les choses autrement», a soutenu M. Arsenault, exprimant le voeu pour la prochaine année de négocier le renouvellement des conventions collectives sans grève ni lock-out.

Il a fait valoir que, dans le secteur privé, la centrale syndicale parvenait à négocier 98 ou 99 % des conventions collectives «sans conflit majeur».

M. Arsenault a soutenu que la cupidité des dirigeants d'entreprises financières, le manque de réglementation et l'absence d'une vision à long terme sont responsables de la crise économique. Il a dit croire qu'une augmentation des salaires des employés de l'État permettrait de faire rouler l'économie.

«Il n'y a pas de solution magique pour relancer l'économie, il faut que les gens travaillent, a-t-il ajouté. Et pour que les gens travaillent, il faut des projets d'envergure comme la réfection du réseau routier, des infrastructures de transport, des établissements d'enseignement, de santé et des équipements municipaux.»

Outils de développement économique

M. Arsenault a déploré la faiblesse des investissements des gouvernements dans le secteur manufacturier. Le président de la FTQ a souligné qu'un transfert s'était fait du côté du secteur des services, avec des emplois moins bien payés et des avantages sociaux moindres. M. Arsenault a dit avoir visité des banques alimentaires durant le temps des Fêtes et avoir constaté que des couples dont les deux conjoints travaillent sont aujourd'hui obligés de faire appel à ce service.

La FTQ estime toutefois que le Québec peut s'en sortir mieux que d'autres, notamment grâce à ses leviers économiques. Selon la centrale syndicale, il faut que soient utilisés à leur pleine mesure les outils de développement que sont la Caisse de dépôt et placement du Québec, la Société générale de financement (SGF), Investissement Québec et le mouvement Desjardins.

«L'économie québécoise est plus diversifiée que dans bon nombre de provinces, ce qui lui permettra sans doute de mieux s'en sortir», a ajouté M. Arsenault.

La FTQ compte par ailleurs revenir à la charge sur une formule de bonification des prestations d'assurance emploi et un assouplissement des règles d'admissibilité.

«Après son détournement de dizaines de milliards de dollars de la caisse d'assurance emploi, le gouvernement n'aurait certainement pas à craindre de justifier cette mesure devant la population, particulièrement en temps de crise», a fait valoir le secrétaire général de la FTQ, René Roy, responsable de ce dossier à la centrale.

Également, la FTQ continuera à combattre les «tentatives de privatisation en douce du système de santé».

La centrale syndicale a indiqué qu'elle aurait aussi pour chevaux de bataille la défense du français dans les entreprises, la conciliation travail-famille, l'équité salariale pour les travailleuses assujetties au code du travail fédéral, ainsi que le maintien de l'équité salariale au Québec et son élargissement à toutes les entreprises.

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