La contrefaçon reprend dans le métro

Les produits contrefaits ont refait une fois de plus leur apparition dans les couloirs du métro de Montréal. Malgré le grand ménage annoncé dans les derniers mois par la Société de transport de Montréal (STM), plusieurs commerçants itinérants continuent d'étaler de faux produits de marque dans le réseau de transport, une pratique illégale en vertu des lois canadiennes sur le droit d'auteur que la Société n'arrive visiblement pas à éradiquer.

«La vente de produits contrefaits est interdite, a indiqué hier Marianne Rouette, porte-parole de la STM. Nous prenons d'ailleurs les mesures nécessaires pour empêcher ça. Mais nous ne pouvons pas toujours être là au moment où cela se passe.»

En effet, quelques jours avant Noël, au métro Berri-UQAM, un vendeur de sacs, de ceintures, de montres et de foulards a mis en vente de la marchandise contrefaite, a constaté Le Devoir. Les célèbres marques Louis Vuitton, Dolce & Gabbana et Gucci composaient, entre autres, l'offre de produits contrefaits faite aux usagers du métro. Par ailleurs, hier, à la station Place-des-Arts, un marchand d'accessoires du même genre a étalé des ceintures de marque contrefaites à des prix défiant toute concurrence pour ce type de biens luxueux, dont les versions originales sont généralement vendues dix fois plus cher.

Ce n'est pas la première fois que la STM doit composer avec la présence de copies d'accessoires de luxe dans son réseau. En mai dernier, elle avait d'ailleurs demandé à la compagnie Métrocom, mandatée par la société de transport pour gérer les sites où le commerce de galerie est autorisé, de serrer la vis aux marchands afin d'éradiquer cette pratique. Des inspections ont alors été organisées afin de vérifier que la marchandise mise en vente respectait entièrement les lois canadiennes.

Il n'a pas été possible de parler hier à des représentants de Métrocom qui, en août dernier, avait une fois de plus fait face à une résurgence de la contrefaçon dans les espaces du métro dédiés au commerce itinérant. Pour sa part, la STM dit qu'elle va «regarder attentivement le problème» dès le retour des vacances, a indiqué Mme Rouette.

Le contrefaçon et le piratage sont considérés comme un fléau par les Manufacturiers et exportateurs du Canada, qui estiment à 20 ou 30 milliards de dollars par année les pertes financières induites par ces pratiques illégales. De 2000 à aujourd'hui, la Gendarmerie royale du Canada a pour sa part enquêté sur 1800 affaires de contrefaçon au pays. De ce nombre, 300 ont débouché sur des accusations.

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