Un atlas pas comme les autres

Études sur nos modes de vie en 366 cartes thématiques et diagrammes, tableaux et textes explicatifs mettant en lumière les enjeux sociaux, économiques et politiques de l'heure... L'Atlas du monde réel - Cartographier nos modes de vie (Éditions de La Martinière, 400 pages) n'a rien à voir avec les atlas habituels. Voilà du nouveau qui nous présente la terre d'une façon bien originale. Du moins au premier coup d'oeil.

Vous vous rappelez cette activité peinture dans les kermesses où, à l'aide d'un pinceau, on étendait sur une feuille cartonnée blanche de la peinture de toutes les couleurs, qu'une machine venait secouer énergiquement dans tous les sens? À la fin, on obtenait un motif coloré original.

Eh bien, on a l'impression que les 366 cartes de même dimension de ce bel atlas à couverture rigide ont été façonnées de la sorte. Le livre a été créé par Danny Dorling, professeur de géographie humaine à l'université de Sheffield, Mark Newman, maître assistant en physique et système complexe à l'université du Michigan, Anna Bradford, chercheuse à l'université de Sheffield et Robert Rocheford, directeur du Centre de recherche pour l'étude et l'observation de vie, D'un coup d'oeil, chaque carte permet de saisir une donnée statistique dans le monde. Chaque continent a sa couleur, qui prend une forme différente en fonction de la situation analysée.

La Terre, vue de l'intérieur

Les grands thèmes abordés: «Territoire et populations», «Voyages et transports», «Ressources naturelles et énergie», «Population en l'an 1» par rapport à celles de 1500, 1900 et 1960, projection de la population en 2050 et 2300. D'un petit filet bleu, l'Amérique du Nord est devenue une grosse tache d'encre.

Origines des touristes, destinations touristiques, passagers aériens, voyages en train, pétrole, service de la dette en 1990 puis en 2002, personnes vivant avec 10 US $ ou moins par jour, celles vivant avec plus de 200 US $ par jour, chômeurs de longue durée, tabagisme chez la femme, personnes tuées par les catastrophes, gaz à effet de serre... On touche à tout!

Les chiffres sont comparés les uns aux autres et appliqués à la représentation géographique d'un territoire, le «gonflant» ou le «dégonflant», selon son importance. «Une seule carte manque, écrit en préface l'un des auteurs, Robert Rochefort. C'est celle du bonheur des populations. On ne saura jamais le mesurer. Également, en regardant les flux économiques, on constate que si les jouets sont tous fabriqués en Asie, ils ne s'exportent que vers les États-Unis et l'Europe. L'Afrique est absente de ces échanges. Pourtant, un enfant africain joue comme les autres, plus simplement peut-être, sans appareil électronique sophistiqué.»

Sans photos, ni fla-fla, au fil des pages de ce beau livre, on voyage autrement, comme c'est la tendance de nos jours, en forçant notre esprit à se rappeler ou à imaginer. Imaginer que l'on peut, par de petites actions, corriger bien des choses.

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Collaboratrice du Devoir

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