Exportation - Hydro-Québec veut augmenter son offre vers les États-Unis

Hydro-Québec demande à l'Office national de l'Énergie (ONE) de renouveler pour dix ans son actuelle licence d'exportation d'électricité vers les États-Unis avec des modifications importantes.

La société d'État québécoise avait obtenu en 1999 une licence l'autorisant à exporter jusqu'à 6000 MW d'électricité, jusqu'à concurrence de 30 TWh sur une base annuelle. Ce permis expire le 7 avril prochain.

Mais comme aucune nouvelle interconnexion ne s'est ajoutée aux équipements de transport d'Hydro-Québec du côté québécois, la capacité de ses interconnections se limite à 2387 MW. L'essentiel transite de la Baie James via la ligne Hertel-Des-Cantons, qui peut transporter 2000 MW en courant continu que l'on retransforme à la frontière en courant alternatif.

Cette demande de permis a été rendue publique par la publication d'un avis dans un quotidien de la métropole en fin de semaine, quelques jours après la conclusion de l'audience publique sur le projet d'un nouveau complexe hydroélectrique sur la rivière Romaine. Lors de ces audiences, Hydro-Québec a affirmé que l'essentiel des 1550 MW serait destiné à l'exportation en attendant que le Québec en ait besoin.

La demande de permis adressée à l'ONE affirme qu'«aucune nouvelle installation ne sera nécessaire afin de mener à bien le projet d'exportation d'électricité proposé par le demandeur». On y ajoute qu'«aucun nouvel équipement de production et de transport n'est requis aux fins de la présente demande», ce qui surprend dans le contexte des admissions d'Hydro-Québec durant les récentes audiences.

Le libellé de cette requête datée du 4 décembre reprend certes les dispositions du permis de 1999, soit une puissance maximale de 6000 MW et 30 TWh maximum par année, mais il est beaucoup plus précis et englobe en réalité tout le système de transactions — achats, ventes, transferts, redressement, etc. — que HQ Marketing effectue entre le Québec et les États-Unis. Ainsi, la filiale étasunienne d'Hydro-Québec prévoit cette fois un plafond d'exportations et d'importations mensuelles de 4,5 TWh. Ces plafonds annuels et mensuels vaudraient, selon la requête, autant pour des livraisons de longue durée que pour l'énergie dite interruptible, soit des stocks d'énergie, vendus à l'heure ou à la journée, et qui s'additionneraient ensemble.

HQ Marketing — au Québec, cette société se présente sous le nom de Marketing d'énergie HQ inc — se propose d'acheter ou d'échanger de l'énergie avec les sociétés productrices du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario, ce qui lui permettra d'utiliser leurs interconnexions avec les États-Unis et d'augmenter ses exportations sans avoir à construire au Québec de nouvelles lignes.

Les transactions via l'Ontario seront d'autant plus faciles que la société d'État va construire une interconnexion de 1200 MW dans l'Outaouais, ce qui permettra de faire transiter des ventes à des États du Midwest, jusqu'ici à peu près impossible à desservir par Hydro-Québec.

Hydro-Québec ne demande pas à l'Office national de l'énergie de l'autoriser à signer de nouveaux contrats de long terme avec des clients états-uniens, comme ses anciens contrats de vingt ans avec ses clients de la région de New York. La société d'État s'en tiendrait cette fois à des contrats de cinq ans, qui devront tous être déposés auprès de l'ONE pour approbation. Des contrats quinquennaux sont conforme avec les nouvelles règles d'un marché de l'énergie, axé sur le court terme, mais depuis peu, avec un certain retour sur le moyen terme.

Depuis quelque temps, les lignes «internationales», soit les interconnexions à la frontière, semblent devoir se multiplier, car, comme le révélait La Presse la semaine dernière, Hydro-Québec et deux distributeurs étasuniens veulent construire une nouvelle interconnexion reliant le poste Nicolet-Des-Cantons au sud du New Hampshire, un projet récemment soumis pour autorisation devant la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) des États-Unis, qui pourrait atteindre le milliard. Un autre projet piloté par American Consumers Industries et Borealis pourrait aussi voir le jour du côté de New York malgré l'opposition vive des citoyens le long du parcours.

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