L'Accueil Bonneau demande l'aide de Québec et de la Ville de Montréal

La directrice de l’Accueil Bonneau, Soeur Aurore Larkin a applaudi à la requête de La Mission Old Brewery, la Maison du Père de Montréal et la Mission Bon Accueil, qui ont demandé au gouvernement provincial les 3,3 millions en investissements prom
Photo: Jacques Nadeau La directrice de l’Accueil Bonneau, Soeur Aurore Larkin a applaudi à la requête de La Mission Old Brewery, la Maison du Père de Montréal et la Mission Bon Accueil, qui ont demandé au gouvernement provincial les 3,3 millions en investissements prom

La mort d'un itinérant dans un parc de Montréal, la fin de semaine dernière, a rappelé plus que jamais les immenses besoins des organismes d'aide aux sans-abri, qui voient leur travail devenir encore plus difficile au fur et à mesure que la situation économique se détériore.

Comme l'ont fait dimanche trois des plus grands refuges pour sans-abri au Québec, l'Accueil Bonneau a lancé hier un appel à l'aide au gouvernement du Québec et à la Ville de Montréal. L'organisme, qui sert en moyenne 300 000 repas par année, souhaite obtenir un coup de pouce pour aller au-delà de l'aide ponctuelle et accompagner les sans-abri qui souhaitent s'en sortir.

«Par nos services de dépannage, on crée de beaux liens de confiance, mais, ensuite, il faut poursuivre ce lien de confiance, a expliqué la directrice de l'Accueil Bonneau, Soeur Aurore Larkin. Ça, c'est long, ça prend du temps, ça prend du personnel et ça prend des sous.»

Soeur Larkin a applaudi à la requête de La Mission Old Brewery, la Maison du Père de Montréal et la Mission Bon Accueil, qui ont demandé au gouvernement provincial les 3,3 millions en investissements promis il y a un an par l'ancien ministre de la Santé et des Services sociaux. «Ils ont fait un petit chemin, mais il y a encore un grand chemin à faire», a-t-elle estimé, ajoutant qu'au-delà des refuges, il faut amener les itinérants vers «la stabilité résidentielle».

Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale doit annoncer aujourd'hui les détails d'une entente conclue avec la Ville de Montréal pour la lutte contre la pauvreté. Selon Le Devoir, une aide de cinq à sept millions de dollars pourrait être versée à la Ville.

Ce coup de main pourrait faire le plus grand bien à l'organisme, qui vit principalement des fruits de ses campagnes de financement. «On a un budget de 1,8 million et [sur ce montant], on a un petit 7 % du gouvernement», a expliqué Soeur Larkin.

«Le reste vient des dons et des lancements de campagnes de financement. Chaque année on fait environ 1 million en campagne de financement. Mais si le gouvernement jumelait ce million, ce serait déjà beaucoup», a-t-elle souhaité.

Outre l'aide gouvernementale, l'Accueil Bonneau fait aussi appel à la solidarité et à la générosité de la population. L'organisme a ainsi souligné hier le don de 37 000 $ offert par les travailleurs et travailleuses de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et de ses syndicats affiliés.

«Même si on passe à travers une crise économique, une récession qui s'en vient, il me semble qu'on pourrait être plus généreux pour ces gens-là», a philosophé le président de la FTQ, Michel Arsenault, ajoutant qu'il trouve honteux que Montréal compte une population d'environ 8000 sans-abri.

Soeur Larkin est consciente que la précarité économique actuelle rend les gens plus réticents à délier les cordons de leur bourse, mais elle est convaincue que la population comme le gouvernement répondront à l'appel.

«La situation économique, à quelque part, ça ne me fait pas peur, parce que ça n'empêche pas la générosité des gens. La crise économique de 1931, l'Accueil Bonneau y était. La Soeur Bonneau, en 1931, au creux de la grosse crise économique, elle était capable quand même de nourrir ses personnes. Aujourd'hui, on va le faire encore», a-t-elle conclu avec optimisme.

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