Chasse à la baleine - L'Australie pourrait prendre la voie des tribunaux pour dissuader le Japon

Le groupe animaliste Sea Shepherd a tenté de s’attaquer au navire japonais Yushin Maru 2, en arrière-plan, vendredi. Le Japon justifie la mise à mort de petits rorquals et de rorquals communs en prétextant que cela est essentiel pour mieux connaît
Photo: Agence Reuters Le groupe animaliste Sea Shepherd a tenté de s’attaquer au navire japonais Yushin Maru 2, en arrière-plan, vendredi. Le Japon justifie la mise à mort de petits rorquals et de rorquals communs en prétextant que cela est essentiel pour mieux connaît

Les baleiniers japonais n'en sont qu'aux premières heures de leur campagne annuelle de chasse à la baleine et, déjà, l'Australie revient à la charge pour que cesse cette pratique très contestée. Cette fois, Canberra affirme ne pas avoir renoncé à engager des poursuites judiciaires à l'encontre du Japon, pour s'opposer à l'abattage de près de 1000 cétacés dans les eaux ceinturant l'Antarctique.

L'avertissement est venu du ministre australien de l'Environnement, Peter Garrett. «L'option d'utiliser nos preuves à des fins judiciaires reste sur la table», a-t-il prévenu en conférence de presse jeudi dernier. «Toutes les choses que nous avons promis de faire il y a un an, nous les avons faites», a ajouté le ministre, en faisant allusion à d'autres engagements du gouvernement de centre gauche, en place depuis un an.

L'Australie avait déployé l'an dernier un bâtiment pour surveiller les baleiniers japonais, collectant vidéos et renseignements en vue d'éventuelles poursuites internationales. Ce geste avait profondément ulcéré Tokyo, qui fait déjà l'objet de nombreuses critiques en raison de cette chasse dite «scientifique».

Canberra a indiqué que l'opération ne serait pas renouvelée cette année, alors que la flotte japonaise fait route vers l'Antarctique, mais Peter Garrett a affirmé que le gouvernement avait l'intention de continuer à faire pression pour faire cesser cette chasse.

Au moment du départ des baleiniers de leur port d'attache, à la mi-novembre, M. Garrett avait aussi annoncé que son pays lançait un programme scientifique de quatre millions de dollars pour développer des techniques permettant d'étudier les baleines sans devoir les tuer. «La recherche moderne dispose de techniques génétiques et moléculaires, de balises satellites, de méthodes acoustiques et de moyens de surveillance aérienne qui permettent de se passer du harpon à explosif», avait-il alors déclaré.

Un pied de nez évident au Japon, qui justifie la mise à mort de petits rorquals et de rorquals communs — deux espèces que l'on peut observer dans les eaux du Saint-Laurent année après année — en prétextant que cela est essentiel pour mieux connaître ces animaux. Ce motif «scientifique» fait partie des exemptions permettant de contourner le moratoire international sur la chasse commerciale des baleines, en vigueur depuis 1986.

L'Islande et la Norvège tuent également des cétacés. Les deux nations nordiques ne reconnaissent pas l'interdiction du commerce de viande de baleines imposée par la Convention des Nations unies sur le commerce international des espèces menacées. Elles prétendent qu'il s'agit d'une décision politique. La Norvège s'est fixé un quota de 885 petits rorquals pour 2009.

À la poursuite des baleiniers

Par ailleurs, en plus de la guerre des mots entre capitales, la campagne de chasse des Japonais devrait être encore une fois marquée par les affrontements avec les animalistes du groupe Sea Shepherd, dirigé par le Canadien Paul Watson, mieux connu pour ces actions contre la chasse au phoque.

L'organisation, qui en est à sa cinquième campagne, a l'habitude de s'interposer physiquement entre les baleines et les chasseurs, n'hésitant pas à heurter les navires japonais ou à leur lancer des bombes fumigènes. Tokyo, qui qualifie les membres du groupe de «terroristes», a fait savoir qu'elle pourrait les interpeller si jamais ils commettent des gestes jugés criminels.

Chose certaine, les eaux autour de l'Antarctique risquent d'être agitées. «Nous avons l'intention d'intervenir contre la chasse illégale menée par les Japonais et nous avons l'intention de sauver la vie au plus grand nombre possible de baleines, selon nos moyens», a d'ailleurs souligné le capitaine Watson avant son départ. «Nous avons quelques surprises pour les baleiniers cette année, a ajouté son deuxième officier, Peter Hammarstedt. Nous comptons être plus agressifs et plus implacables dans nos interventions.»

Greenpeace, qui envoyait auparavant un navire pour filmer et photographier les activités de chasse, a choisi de ne pas faire le voyage cette année. L'organisme écologiste a décidé de se concentrer sur la défense de deux de ses militants qui sont actuellement inculpés à Tokyo. Ils ont été accusés d'avoir volé de la chair de baleine alors qu'ils voulaient dénoncer ce qui semblait être un trafic de viande de cétacés qui prenait son origine dans les navires baleiniers.

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