Dépenses publiques pour freiner la récession - Le CPQ espère que Québec ne deviendra pas un «bar ouvert»

Malgré le ralentissement économique mondial, les membres du Conseil du patronat du Québec (CPQ) et du Groupement des chefs d'entreprise du Québec (GCEQ) souhaitent que les gouvernements fédéral et provinciaux fassent du contrôle des dépenses publiques leur priorité en 2009.

Telles sont les conclusions du 58e sondage annuel du CPQ, qui recueille tous les ans les préoccupations des chefs de grandes entreprises membres de son regroupement quant aux différents enjeux économiques.

Suivent au tableau des priorités gouvernementales suggérées par les dirigeants d'entreprises québécoises, les programmes de recherche et de développement, du côté des membres du CPQ, et les programmes d'aide à l'investissement, pour le GCEQ. Les chefs d'entreprise s'entendent tous pour donner priorité, au troisième rang, à la réduction des impôts des sociétés.

Sans s'opposer à toute dépense publique, les chefs d'entreprises souhaiteraient cependant qu'il s'agisse de mesures ponctuelles bien ciblées, offertes à tous les entrepreneurs, et non allouées à un seul secteur économique en particulier.

Les gouvernements devraient également s'assurer que les déficits éventuels soient épongés dès le retour de la croissance économique, a estimé le premier vice-président du CPQ, Daniel Audet.

«Tout le monde s'entend pour dire que l'on s'attend à ce que les gouvernements aident l'économie au cours d'une période de ralentissement économique, mais il ne faut pas que la situation devienne un "bar ouvert", avec des dépenses tous azimuts», a affirmé M. Audet à La Presse canadienne.

«C'est une préoccupation qui, en cette période de ralentissement économique, est très très présente parmi nos membres», a-t-il ajouté, expliquant ainsi que la question des dépenses publiques se soit retrouvée en tête des résultats du sondage.

Par ailleurs, les membres du CPQ et du GCEQ ont à l'unanimité déploré le manque de disponibilité de la main-d'oeuvre ainsi que sa qualité, principaux facteurs d'influence négative sur l'activité économique actuelle au Québec, selon eux. Le taux de change et la productivité ont également été évoqués en tête de palmarès.

Les dirigeants québécois demeurent néanmoins dans l'ensemble optimistes quant aux conditions économiques actuelles. Au GCEQ, 52 % des dirigeants de petites et moyennes entreprises considèrent que les conditions économiques actuelles sont bonnes ou très bonnes, tandis que 44 % des membres du CPQ partagent leur opinion.

Selon M. Audet, ces résultats confirment l'impression générale que la récession sera moins violente au Québec qu'ailleurs.

Les membres du Conseil du patronat ont toutefois répondu à 49 % que les conditions économiques actuelles sont passables.

Le questionnaire de consultation a été rempli, sur une base volontaire, par 25 % des membres du CPQ et 13 % de ceux du GCEQ. M. Audet estime qu'il permet tout de même d'observer les préoccupations générales des chefs d'entreprise de la province.

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