Jean-Pierre Lizotte avait les jambes paralysées

Jean-Pierre Lizotte n'avait plus de mouvement dans les jambes au terme d'une altercation avec le policier Giovanni Stante, le 5 septembre 1999. Il est resté quelques minutes au sol dans une mare de sang d'une trentaine de centimètres de diamètre avant que Stante et son équipier le soulèvent par les bras pour le conduire jusqu'à leur voiture de patrouille et le glisser à l'intérieur, à plat ventre, sous les cris de désapprobation de la clientèle du Shed Café.

C'est ce qui ressort du témoignage de Jean-Maxime Leroux, un client du resto-bar qui avait permis à l'époque, par ses déclarations au Devoir, de faire éclater l'incident au grand jour. Leroux a indiqué hier que Stante a donné trois ou quatre coups de poing au visage de Lizotte avant que Steve Deschâtelets ne s'approche par derrière, et deux ou trois autres coups après que le portier eut immobilisé l'itinérant au moyen d'une prise du double nelson. Jean-Pierre Lizotte résistait à son arrestation en s'agrippant à un poteau et en distribuant des coups de pied au policier. Il a subi lors de l'altercation une fracture des vertèbres et des lésions neurologiques. Paralysé dans le bas du corps, il est mort des suites d'une pneumonie cinq semaines plus tard. Le policier Stante subit son procès pour voies de fait graves, voies de fait causant des lésions et homicide involontaire en raison de son intervention.