« L'art public a une influence sur la qualité de vie »

Redynamiser le Quartier latin en faisant du secteur une véritable exposition à ciel ouvert: voilà le souhait de la Société de développement du Quartier latin (SDQL). Pour y arriver, elle a fait appel à MU, un organisme qui soutient l'art public à Montréal en réalisant des murales extérieures. Cette initiative a permis à la SDQL d'être finaliste pour le prix Arts-Affaires dans la catégorie PME.

Toute cette histoire a commencé par un voyage à Philadelphie. «Grâce à ses 2800 murales, Philadelphie est vraiment devenue une destination touristique reconnue pour son exposition à ciel ouvert. Nous avons décidé de tenter, nous aussi, à plus petite échelle bien sûr, quelque chose du genre», explique Claude Rainville, directeur général de la SDQL.

Pour assurer la direction artistique du projet, la SDQL a fait appel aux spécialistes de la murale à Montréal: MU. «C'est le partenaire idéal! Ils ont répertorié près de 30 murs dans le quartier sur lesquels on pourrait peindre des murales. On aimerait en réaliser près de 20 en cinq ans. L'été dernier, on en a réalisé trois», indique M. Rainville.

Une murale a été réalisée par Hélène Fleury, au 318, rue Ontario Est. L'artiste a reçu un coup de main de Karine Fréchette, étudiante en arts visuels à l'UQAM. Une autre a notamment été réalisée rue Saint-Denis, à l'angle de la rue Ontario, par Carlito Dalceggio.

La SDQL a été étonnée de voir à quel point les gens s'arrêtent pour admirer les murales. «L'art public a une influence sur la qualité de vie et sur l'ambiance d'un quartier. De plus, nous voyons que le projet rassemble plusieurs partenaires — commerçants, artistes, étudiants — qui généralement n'ont pas beaucoup de contacts. Les murales ont donc un effet de cohésion important sur le milieu», remarque M. Rainville.

La réalisation de murales a aussi un effet d'entraînement. «Lorsque nous travaillons sur une murale, souvent, d'autres commerçants du quartier viennent nous voir pour nous demander si eux aussi ils pourront avoir la leur», ajoute-t-il.

Toutefois, amorcer un tel projet ne s'est pas fait sans difficultés, précise le directeur général de la SDQL. «Nos fonds proviennent des cotisations des marchands. C'est quand même assez incroyable que nous arrivions à passer à l'action avec des moyens aussi limités. Beaucoup de gens parlent de la culture comme quelque chose d'important, mais c'est d'ailleurs très difficile pour nous d'aller chercher des sous auprès des élus pour réaliser nos murales», déplore Claude Rainville.

Maintenant que les premières murales ont été réalisées avec succès, la SDQL se lancera l'été prochain dans un projet d'envergure. «Nous voulons utiliser les deux murs qui bordent la place Paul-Émile-Borduas (qui relie la Grande Bibliothèque à la rue Saint-Denis) pour peindre une grande murale qui rendrait hommage au peintre québécois, ajoute-t-il. Évidemment, nous ne pouvons pas faire n'importe quoi! Le travail de MU sera indispensable.»

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