La guignolée soulage mais ne remplace pas un plan de lutte contre la pauvreté

C'était hier jour de grande guignolée des médias, un événement devenu une tradition annuelle de collecte de denrées non périssables et de dons en argent pour les plus démunis. Un beau geste qui ne remplace pas la nécessité d'une action gouvernementale de lutte contre la pauvreté, a toutefois insisté le Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Selon les données préliminaires disponibles au moment de mettre sous presse, la récolte de 2008 a permis d'amasser l'équivalent de 4205 sacs d'épicerie et 244 380 $ dans la région de Montréal uniquement. Des chiffres qu'il faudra sans doute revoir à la hausse une fois fait le décompte des multiples dons, ont souligné les organisateurs de l'événement.

Les dons recueillis lors de cette journée dans la région de Montréal seront remis à trois organismes bénéficiaires, soit Jeunesse au Soleil, Moisson Montréal et la Société de Saint-Vincent-de-Paul de Montréal. Ces organismes comptent sur la générosité des Québécois pour tenter de combler la demande grandissante de paniers de Noël.

L'an dernier, dans le cadre de la Grande Guignolée des médias, plus de deux millions de dollars ont été amassés et redistribués dans tout le Québec, dont plus de 800 000 $ et plusieurs milliers de sacs d'épicerie de denrées non périssables dans la grande région de Montréal.

Aller plus loin

S'il salue le geste posé par les donateurs, le Collectif pour un Québec sans pauvreté estime néanmoins qu'il faudra beaucoup plus que des élans ponctuels de générosité de la part des citoyens pour s'attaquer concrètement au problème de la pauvreté. Pour cela, le gouvernement devra manifester davantage de volonté politique, a expliqué hier son porte-parole, Robin Couture.

Ce dernier a déploré que l'enjeu de la lutte contre la pauvreté ait été pour ainsi dire absent de la présente campagne électorale provinciale, les trois principaux partis y allant tous d'engagements «clairement insuffisants». Le Collectif leur demande donc de se prononcer en faveur de la mise en place de services publics universels de qualité, notamment en matière de santé et de logement. Il faudrait aussi, selon lui, augmenter le salaire minimum «de façon à permettre aux travailleurs et aux travailleuses de sortir de la pauvreté». On parle d'un taux horaire avoisinant les 10,43 $.

La nécessité d'agir est bien réelle, a-t-il précisé. En effet, depuis 2004, le revenu disponible des personnes seules bénéficiant de l'aide sociale «jugées» sans contrainte sévère à l'emploi a diminué de 5 %, en raison de la demi-indexation des prestations. On constate également un appauvrissement des personnes qui bénéficient de l'aide financière aux études ou qui travaillent au salaire minimum. Or, a ajouté M. Couture, pendant ce temps, les tarifs d'électricité, le prix du panier d'épicerie, le logement et le transport augmentent.

Par ailleurs, si la collecte de la guignolée se terminait hier à 19h, les dons au téléphone ou en ligne sont acceptés jusqu'au 24 décembre prochain. Les denrées et les dons en argent pourront également être déposés chez les quatre amis de la grande guignolée des médias jusqu'à cette date.

www.lagrandeguignoleedesmedias.com

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