Les refuges pour itinérants veulent voir la couleur de l'argent promis

Toujours aux prises avec une situation financière des plus précaires, les trois principaux refuges pour hommes de Montréal réclament une augmentation substantielle de l'aide provenant du gouvernement du Québec. Ils font d'ailleurs valoir que les 3,3 millions de dollars dont ils ont besoin leur avaient été promis par les libéraux, mais que cet engagement est demeuré lettre morte.

La Mission Old Brewery, la Maison du Père et la Mission Bon Accueil avaient déjà lancé un cri d'alarme à pareille date l'an dernier, soulignant que le manque récurrent de fonds les plaçait dans une situation intenable, qui les forcerait à fermer des lits. Le ministre de la Santé et des Services sociaux de l'époque, Philippe Couillard, avait alors débloqué d'urgence un million de dollars.

Ce dernier s'était aussi engagé à faire mieux dans le prochain budget, mais également à créer un groupe de travail pour aborder le problème critique de l'itinérance à Montréal et pour étudier les besoins à plus long terme. Or les sommes supplémentaires promises ne sont pas venues, et ce, malgré le dévoilement en septembre du Cadre de référence sur l'itinérance au Québec, définissant les orientations et les priorités d'action à adopter.

«Le montant annualisé d'un million de dollars accordé en 2007 pour les trois refuges, tout comme le cadre de référence présenté, sont des actes de bonne volonté. Mais cette somme n'est pas suffisante pour veiller aux services d'urgence que nous dispensons aux sans-abri», a expliqué hier le directeur général de la Mission Bon Accueil, Cyril Morgan. La chose est d'autant plus vraie que les dons récoltés ont diminué ces derniers temps, en raison de l'incertitude économique.

Les trois refuges auraient donc besoin que Québec fournisse 3,3 millions par année, soit l'équivalent de 27 $ pour chacun des 550 lits qu'ils offrent chaque nuit aux plus démunis. Présentement, la part financée par Québec représente 8 $ à 12 $ par lit. À titre de comparaison, les refuges pour hommes de Toronto reçoivent 61,70 $ par jour pour les mêmes services. Ceux-ci comprennent entre autres la nuitée, les repas et les services d'intervenants.

Au cabinet du ministre Yves Bolduc, on a indiqué hier que le budget consacré au soutien aux refuges a été multiplié par quatre depuis 2003. Pour cette année, on parle d'un montant de 2,6 millions pour les trois principaux organismes de Montréal, montant qui pourrait éventuellement être bonifié.

L'attachée de presse du ministre, Marie-Ève Bédard, a du même coup promis que les travaux de la Commission parlementaire sur l'itinérance, qui a mis fin à ses activités avec le déclenchement de la campagne électorale, seraient pris en considération dans un éventuel plan d'action gouvernemental en itinérance. Ce plan devrait permettre, selon elle, de s'attaquer aux problématiques qui peuvent mener les citoyens à l'itinérance.

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