Des citoyens veulent faire invalider le mode de scrutin

Excédés par les promesses non tenues des politiciens, des militants en faveur de la proportionnelle se sont tournés hier vers les tribunaux pour faire invalider le mode de scrutin uninominal à un tour.

Par la bouche de leur avocat, Julius Grey, quatre militants de l'Association pour la revendication des droits démocratiques (ARDD) tenteront de convaincre le juge Luc Lefebvre de déclarer inopérant le mode de scrutin actuel au Québec, sous prétexte qu'il va à l'encontre des exigences constitutionnelles sur le droit de vote.

Ces militants sont associés aux verts, à l'ADQ et au NPD. Selon eux, le système actuel marginalise l'importance des tiers partis, au point qu'ils obtiennent généralement peu ou pas de sièges à l'Assemblée nationale. À titre d'exemple, près de 300 000 personnes ont voté pour Québec solidaire et le Parti vert lors de la dernière élection provinciale et, pourtant, les voix de ces électeurs ne trouvent aucun écho à l'Assemblée nationale. De facto, l'assemblée législative n'est pas à l'image de la diversité des idées et des groupes composant la société québécoise, estime l'ARDD.

«On cherche à faire invalider le mode de scrutin en cour pour le remplacer par un système plus juste et plus équitable pour les citoyens du Québec», explique Patrick Daoust, membre de l'ARDD et candidat actuel du Parti vert dans la circonscription de Westmount-Saint-Louis.

M. Daoust ne croit plus les politiciens, qui réitèrent depuis des années leur intention d'introduire des éléments de proportionnelle dans le mode de scrutin, sans jamais se résoudre à passer à l'action. «À l'intérieur de ces partis, beaucoup de gens sont absolument contre toute forme de modification du mode de scrutin, parce qu'ils seraient moins représentés et qu'ils perdraient du pouvoir politique», déplore-t-il.

M. Daoust est épaulé dans ses démarches par Pierre Véronneau, un ex-candidat des verts au fédéral et au provincial, Brian Gibb, ex-candidat de l'ADQ et des verts, et de François Soucy, un organisateur du NPD.

L'ARDD souhaite que la cause, qui sera débattue en Cour supérieure dans les deux prochaines semaines, fasse «boule de neige» dans le reste du pays, dans l'éventualité où le juge Lefebvre leur donnerait raison. «On espère éliminer cette injustice l'échelle du Canada», a dit M. Daoust.

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