Arrondissement de Saint-Laurent - L'effondrement d'un stationnement fait un mort

Pour une raison encore inconnue, une dalle de béton de 900 mètres carrés d’un stationnement souterrain adjacent à un immeuble de Saint-Laurent s’est effondré sur les voitures stationnées, hier matin, tuant un homme de 36 ans dans son véhicule.
Photo: Jean-François Leblanc Pour une raison encore inconnue, une dalle de béton de 900 mètres carrés d’un stationnement souterrain adjacent à un immeuble de Saint-Laurent s’est effondré sur les voitures stationnées, hier matin, tuant un homme de 36 ans dans son véhicule.

Un homme de 36 ans est mort coincé dans son véhicule, hier matin, alors qu'une dalle de béton s'est effondrée soudainement sur lui dans un stationnement souterrain de l'arrondissement de Saint-Laurent.

Vers 8h45, le livreur de courrier s'apprêtait à quitter le stationnement souterrain adjacent à l'immeuble du 135 boulevard Deguire lorsque qu'un morceau de 900 m2 de l'étage supérieur a cédé. Bien que le stationnement tenait lieu de point de ralliement pour une vingtaine de ses collègues, les policiers confirment qu'il n'y a pas d'autre victime. Les causes de ce tragique affaissement demeurent inconnues. Selon l'évaluation foncière de Montréal, l'immeuble de 14 étages a été construit en 1970.

La consternation et la colère régnaient chez les quelques 400 personnes évacuées de l'édifice de 195 logements. Une trentaine d'enfants fréquentant la garderie figuraient parmi eux, mais aucun n'a été blessé. Les locataires n'ayant pas trouvé refuge ailleurs ont été relocalisés par la Croix-Rouge pour la nuit. Plusieurs ont exprimé aux médias leur réticence à réintégrer leur appartement même lorsque le feu vert leur sera donné à cet effet.

Le maire de Montréal Gérald Tremblay a visité les lieux vers 14h. «C'est la responsabilité des propriétaires, a-t-il dit, mais il n'y a aucun doute que des mesures de prévention au niveau de l'arrondissement seront prises pour s'assurer de la sécurité des immeubles semblables dans les plus brefs délais.» Il a indiqué que des inspecteurs de la Régie du bâtiment étaient aussi à l'oeuvre. Selon le maire, le propriétaire privé de l'édifice devra rendre des comptes au gouvernement du Québec, dont la Régie relève.

Le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, peiné par cet «événement tragique», a précisé par voie de communiqué qu'il n'avait reçu aucune plainte quant à la structure de cet immeuble, mais que des plaintes sur sa salubrité avaient été recensées.

Des locataires ont confié avoir constaté, avant l'effondrement, des fissures sur le plancher du garage du niveau supérieur qui a cédé, ainsi que de la rouille autour d'un tuyau qui s'est brisé il y a quelques jours. Des gens se seraient plaints de l'entretien de l'immeuble, mais seraient demeurés sans réponse, selon les témoignages qu'ils ont livrés après l'effondrement.

Le 135 boulevard Deguire appartient a l'une des plus importantes sociétés immobilières au Canada, Cap Reit, qui n'avait pas rappelé Le Devoir au moment de mettre sous presse. Par contre, la société a affirmé par voie de communiqué, vers 19h hier soir, qu'elle travaille avec ses ingénieurs et collabore pleinement avec les autorités afin de déterminer la cause de l'accident et de renforcer la structure. Selon un communiqué de presse du 18 novembre dernier, la société détient 27 461 appartements d'un océan à l'autre, dont près de 3500 à Montréal et 2000 à Québec, répartis dans quelques dizaine d'immeubles, selon le rapport annuel 2007 de l'entreprise obtenu par Le Devoir.

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Avec La Presse canadienne