Jour du Souvenir - Les Canadiens rendent hommage aux militaires morts à la guerre

À Montréal, cet ancien combattant a souligné le jour du Souvenir en se rendant au cimetière de la Côte-des-Neiges.
Photo: Jacques Nadeau À Montréal, cet ancien combattant a souligné le jour du Souvenir en se rendant au cimetière de la Côte-des-Neiges.

Ottawa — Une foule silencieuse s'est rassemblée hier autour du Monument commémoratif de guerre du Canada, à Ottawa, pour la commémoration du jour du Souvenir et le 90e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, un conflit qui s'est terminé à la 11e heure du 11e jour du 11e mois de 1918.

Sur les trottoirs et les rues entourant le mémorial de la Tombe du Soldat inconnu, 25 000 spectateurs, jeunes et moins jeunes, se sont rassemblés pour suivre le rituel solennel marqué par le son des cloches de la Tour de la Paix, la cornemuse et les salves d'honneur de l'artillerie. Quatre réactés CF-18 ont également survolé la colline parlementaire.

Cérémonie

La gouverneure générale, Michaëlle Jean, ainsi que le premier ministre, Stephen Harper, ont présidé la traditionnelle cérémonie en compagnie de Mme Avril Dianna Stachnik, de Waskatenau, en Alberta, désignée cette année Mère nationale décorée de la Croix d'argent. Son fils, le sergent Shane Hank Stachnik, a été tué en Afghanistan en septembre 2006.

Des dizaines de fragiles vétérans âgés étaient assis sur des rangées de chaises, tandis que derrière eux se tenaient à l'attention des membres de la garde militaire, des agents de la Gendarmerie royale du Canada, des vétérans plus jeunes et des cadets, dont le fils du premier ministre, Ben Harper.

La gouverneure générale a rendu hommage aux sacrifices consentis par des générations de soldats.

Dans tout le pays

Plusieurs cérémonies commémoratives se sont aussi tenues au pays et ailleurs dans le monde, notamment en Afghanistan, où les familles de six soldats canadiens tombés au combat dans ce pays ont souligné le jour du Souvenir. Ces proches parents ont fait le voyage jusqu'au pied du cénotaphe canadien de l'aérodrome de Kandahar pour participer à une cérémonie à la mémoire des militaires disparus dans la guerre contre les talibans.

Parmi les membres des familles présentes à la cérémonie figurait Elizabeth Lévesque, qui a perdu l'an dernier son fils, Michel Lévesque, originaire de Rivière-Rouge dans les Laurentides.

Les familles ont pu se recueillir devant le cénotaphe et des plaques sur lesquelles figurent les noms et les portraits des 97 soldats canadiens qui ont péri en Afghanistan depuis six ans ont été apposées. Les familles ont aussi déposé des gerbes de fleurs au pied du cénotaphe à la mémoire des disparus.

À Montréal, les chefs du Bloc québécois, Gilles Duceppe, de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, et du Parti québécois, Pauline Marois, ont assisté à une célébration du jour du Souvenir au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, a pris part à une semblable cérémonie à Québec.

Plus de 100 000 Canadiens ont perdu la vie au cours de conflits depuis une centaine d'années, dont environ 69 000 lors de la Première Guerre mondiale, 47 000 lors de la Seconde Guerre, 517 lors de la guerre de Corée, 112 dans des opérations de maintien de la paix et 97 en Afghanistan.

Sacrifice

Soulignant le sacrifice des soldats «morts au combat pour défendre des valeurs universelles de liberté et de justice», le chef bloquiste Gilles Duceppe a aussi tenu à rendre hommage aux militaires qui se trouvent actuellement en sol afghan. «De nos jours, des Québécoises et des Québécois continuent de faire preuve d'un courage exemplaire partout dans le monde. Certains ont sacrifié beaucoup, vraiment beaucoup, en s'interposant entre des belligérants dans des opérations de maintien de paix et d'autres sont actuellement en Afghanistan, très loin de chez nous», a-t-il rappelé.

Le leader de l'ADQ, Mario Dumont, a lui aussi tenu à mentionner le courage dont font preuve les militaires d'hier comme ceux d'aujourd'hui. «Oui, beaucoup de membres de nos familles sont allés se battre sur les champs de bataille de l'est de la France, sur les plages de Normandie, en Corée. Aujourd'hui, d'autres tombent encore en Afghanistan, mais leur sacrifice n'est pas vain. Il n'est pas vain parce qu'il porte en lui, profondément, la lueur d'une espérance. Il nous permet de continuer à croire en certaines valeurs fondamentales»,

a-t-il dit.

«Le jour du Souvenir est aussi une occasion de se rappeler que la paix est une chose fragile, précieuse, car c'est bien pour elle que sont morts celles et ceux dont nous nous rappelons aujourd'hui, a pour sa part déclaré la chef du Parti québécois, Pauline Marois. La guerre, elle est laide, mes amis, elle doit être en toute occasion le dernier recours de la démocratie. Il faut cependant se rappeler que nos compatriotes la font aussi pour que la planète soit un meilleur endroit pour tous.»