Robinson Curiosité contre Robinson Sucroë

Un docteur en sémiologie ayant passé 600 heures à analyser les oeuvres de Robinson Sucroë et de Robinson Curiosité est formel: la série de Cinar constitue «une reprise directe» de l'idée originale de Claude Robinson.

Le directeur du département de communication sociale et publique de l'UQAM, Charles Perraton, est le deuxième expert qui témoigne en faveur de M. Robinson, dans la poursuite de 4,5 millions de dollars pour plagiat que l'auteur et scénariste montréalais a intentée notamment contre Cinar, son fondateur Ronald Weinberg, France Animation et le scénariste Christophe Izard.

M. Perraton en arrive à la conclusion que le Robinson Sucroë de Cinar et de France Animation est «une reprise directe» du Robinson Curiosité du demandeur. Sans lui, il n'y a pas d'aventures, et toute la série s'écroule. «Enlevez Sucroë, et il n'y a pas de série», a-t-il dit.

Qui plus est, 12 des 14 personnages secondaires de la série d'animation sont également des reprises directes de ceux développés par M. Robinson, selon l'analyse de M. Perraton, un docteur en sémiologie. Cinar a également usurpé la structure de base, les relations entre les personnages, des éléments du scénario, des noms de personnages et des titres d'épisodes imaginés par Claude Robinson, selon l'appréciation de M. Perraton.

Le témoin a repris l'adage selon lequel «une image vaut mille mots» pour justifier ses conclusions. Quand on compare les deux personnages, ils possèdent tous deux une barbe, un chapeau, des lunettes circulaires et un nez rond. Ils font des moues d'étonnement ou de colère similaires, et ils sont tous deux affublés des mêmes traits de personnalité. «Les deux Robinson se ressemblent physiquement, et la reprise, sous sa forme perceptible, saute aux yeux», a indiqué M. Perraton au juge Claude Auclair.

Le concept développé par Claude Robinson repose sur la curiosité, le trait le plus commun chez les enfants, a expliqué M. Perraton. Le personnage de Robinson Curiosité représente donc l'enfant, avec tout ce qu'il possède de qualités et défauts, à savoir la générosité, le caractère abusif et l'impatience.

À partir d'extraits choisis parmi les 26 épisodes de Robinson Sucroë, M. Perraton a démontré comment ces attributs, tout droit sortis de l'imagination de Claude Robinson, se sont retrouvés dans la série en litige. Le personnage de Cinar et de France Animation est en effet naïf, insouciant, colérique, maladroit, généreux. Autant de traits que l'on peut associer à l'enfance. Le témoignage de M. Perraton se poursuit aujourd'hui.