Smog: Québec et les villes doivent passer à l'action, dit l'AQLPA

Les programmes destinés à aviser la population de l'existence des épisodes de smog et de leurs dangers ont fait leur temps: il est temps que les grandes villes et le gouvernement québécois «mettent leurs culottes et passent à l'action pour commencer à réduire de façon tangible la gravité de ces épisodes».

C'est ce qu'affirmait hier au Devoir le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) en réaction aux quatre jours de smog d'affilée que connaît la métropole, alors qu'aucune des mesures en vigueur n'arrive actuellement à réduire l'ampleur du phénomène.

Même l'initiative la plus intéressante, adoptée par Laval — offrir un accès au métro à 1 $ au lieu de 2,50 $ —, n'est en vigueur qu'en été parce que, selon la définition du smog d'Environnement Canada, le problème serait limité à cette saison, explique le porte-parole de l'AQLPA. Non seulement cette mesure devrait s'appliquer toute l'année, dit-il, mais elle devrait être étendue à l'ensemble du territoire métropolitain.

André Bélisle estime que cette mesure serait particulièrement efficace lorsque le smog est principalement attribuable à la circulation automobile locale, comme c'est le cas cette semaine.

«Cette fois, dit-il, on ne peut pas invoquer le fait que l'essentiel de notre smog — plus de la moitié — nous provient de l'Ontario et du Midwest américain. Il ne ventait pas et la pollution de l'air qui baignait la métropole provenait de son parc roulant. Et on ne peut pas dire non plus que c'était à cause des poêles à bois!»

Mais même quand le vent nous apporte un smog généré plus au sud, ajoute-t-il, il est difficile de demander à nos voisins d'en faire davantage car, «contrairement à eux, le Québec n'a pas réalisé la moitié de ses engagements du plan de gestion des oxydes d'azote et des composés organiques volatils de 1998, signé par les provinces canadiennes et plusieurs États américains».

Premièrement, explique André Bélisle, Québec doit appliquer sa loi qui rend obligatoire le convertisseur catalytique sur tous les véhicules. Cette vieille loi reste inappliquée, ce qui vaut présentement au Québec d'être poursuivi devant la commission environnementale de l'ALENA à la suite d'une plainte de l'AQLPA.

Deuxièmement, ajoute André Bélisle, Québec doit enfin accoucher d'un programme généralisé d'inspection des véhicules automobiles, comme nos voisins en ont institué, et dont l'absence au Québec lui vaut de servir de dépotoir roulant pour les «minounes interdites chez nos voisins». Enfin, le transport en commun gratuit ou à rabais en hiver comme en été en cas d'épisode de smog est un troisième moyen susceptible d'être mis en place rapidement, en prélude aux stratégies plus fermes auxquelles il faudra bien arriver un jour pour que les automobilistes cessent d'imposer cette pollution à toute la population.

Des exemples à l'étranger

Ailleurs dans le monde, on ferme ainsi des routes complètes ou des voies sur les autoroutes pour les réserver au covoiturage, ce qui existe en principe au Québec sur l'autoroute des Laurentides, mais ce que la police fait rarement respecter, sauf symboliquement, comme lors de la prétendue fermeture du centre-ville de Montréal un jour par année. Cette initiative très médiatisée n'a jamais empêché personne d'aller au bureau au automobile puisque le petit périmètre concerné est mis en place après les heures de pointe.

Des villes comme Mexico ont mis au point un système simple et radical: on interdit la présence sur la route des véhicules immatriculés pairs un jour et, le lendemain, c'est au tour des immatriculations impaires, ce qui force la moitié des automobilistes à faire du covoiturage ou à utiliser les transports en commun.