Le Mois de l'histoire des Noirs - Visages d'Afrique

Donatien Gnahoua, professeur de danse traditionnelle d’Afrique en mouvements.
Photo: Jacques Grenier Donatien Gnahoua, professeur de danse traditionnelle d’Afrique en mouvements.

Naissances, fêtes, rencontres, mariages, décès, la danse accompagne le quotidien africain. Moyen d'expression personnelle et mémoire des peuples, religion et divertissement, suivre les pas africains, c'est découvrir les visages de l'Afrique. « La danse, affirme Aboubacar Mané, danseur d'origine ivoirienne, c'est tout simplement une façon de faire se rencontrer l'âme et le corps. » C'est à ce formidable voyage ethno-rythmo-sportivo-culturel que convie l'organisme Afrique en mouvements, qui ouvre ses portes au public dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs.

Le mercure peut bien plonger dans des abîmes glacés, à l'intérieur, la chaleur est au rendez-vous. Dans la grande salle de l'école de danse, une vingtaine d'élèves se déhanchent et tapent du talon au rythme des tam-tam, sous la direction d'Aboubacar Mané. Ici, pas d'entrechats légers, de pas de deux timides ou de jeux de séduction déguisés. Les mouvements sont syncopés, montent de la terre, impliquent tout le corps. Les gestes parlent de force et du bonheur d'exister, de prendre sa place dans l'espace, de sentir rouler ses muscles.

Après une heure de travail, le professeur enchaîne avec une nécessaire séance d'étirements, puis félicite ses troupes. De petits groupes se forment, et même les spectateurs n'hésitent pas à se joindre aux conversations. Avec la danse vient la fraternité.

À Afrique en mouvements, la danse est d'ailleurs une porte ouverte sur les cultures africaines. Appâté par les qualités sportives indéniables de la discipline, le public est bientôt conquis par l'univers complexe qu'elle traduit. « La danse est indissociable de l'Afrique, assure Aboubacar Mané. Pour chaque événement, pour chaque émotion, il y a une danse. Il y a même des mouvements et des rythmes que seuls les initiés connaissent, parce qu'ils sont réservés aux cérémonies spirituelles. »

Entrer dans la danse, c'est un peu laisser l'Afrique entrer en soi. « Les muscles se transforment ; l'attitude, la façon de bouger changent. Dès qu'il se déplace, on peut reconnaître un danseur. Et chacun, Noir comme Blanc, peut y arriver. Les Noirs aussi, il faut nous apprendre à danser ! L'important, c'est d'y mettre les efforts nécessaires, et de se laisser aller. Faites-vous confiance ! »

Curieux ? Les portes ouvertes d'Afrique en mouvements se poursuivent aujourd'hui et demain. Ceux qui brûlent de se lancer sur la piste auront la nuit pour eux lors de la soirée afro-funk de demain. Quant aux amoureux des rythmes plus chaloupés des Caraïbes, l'atelier de zouk et de compas de dimanche les attend. Vous vouliez du temps chaud ? Eh bien, dansez, et dès maintenant !

Afrique en mouvements

910, rue Jean-Talon Est

Montréal

% (514) 270-6914

www.afrique-en-mouvement.ca

Réservation obligatoire pour toutes les activités

Soirées afro-funk

et atelier de danse

Salon Daomé

141, avenue du Mont-Royal Est

Montréal

% (514) 282-8777

Évidemment, les activités du Mois de l'histoire des Noirs ne se limitent pas à une initiation à la danse... Pour la douzième fois cette année, février est consacré à la reconnaissance de la contribution des communautés noires au dynamisme culturel et social.

Par le biais d'expositions, de conférences, de films, de spectacles, c'est avec les différentes facettes de ces histoires multiples que le public est invité à se familiariser. Pour connaître les différentes activités proposées : % (514) 282-3443, www2.ville.montreal.qc.ca/diversite/hist_noirs/2003/index.htm.

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