Ouverture du synode - Le pape dénonce la société moderne sans Dieu

Rome — Le pape Benoît XVI a ouvert hier à Rome un synode sur «la parole de Dieu» en dénonçant «une certaine culture moderne» qui proclame la mort de Dieu et conduit les nations à perdre leur identité.

«Des nations un temps riches de foi et de vocations perdent désormais leur identité propre, sous l'influence délétère et destructrice d'une certaine culture moderne», a dit le souverain pontife dans son homélie à la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs, marquant le début de ce synode d'un mois qui réunira cardinaux, archevêques et évêques venus du monde entier.

«On voit celui qui, ayant décidé que "Dieu est mort", se déclare "Dieu" lui-même et se considère comme l'unique artisan de son propre destin, le propriétaire absolu du monde», a-t-il ajouté.

«Quand les hommes se proclament propriétaires absolus d'eux-mêmes et uniques maîtres de la création [...] s'étendent l'arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l'injustice et l'exploitation, la violence dans toutes ses expressions.» Comment fonder alors «une société où règnent la liberté, la justice et la paix?», s'est-il interrogé.

Le synode, assemblée consultative convoquée pour assister le pape sur des sujets touchant à la mission de l'Église, sera consacré à la manière dont est accueillie dans le monde «la parole de Dieu» à travers la Bible.

Depuis son élection au printemps 2005, Benoît XVI, qui s'est rendu en France le mois dernier, dénonce le déclin de l'identité chrétienne en Europe.

Les évêques chinois absents

Le synode, dont l'ouverture officielle est aujourd'hui, accueillera le rabbin Shear-Yashuv Cohen, premier juif à prendre la parole lors d'une telle assemblée.

Malgré de récents signes de réchauffement avec le Saint-Siège, Pékin a refusé aux évêques chinois de faire le déplacement, ce qui a causé la surprise au Vatican. Seuls les évêques de Macao et de Hong Kong, territoires chinois dotés d'une certaine autonomie, ont pu venir à Rome. La communauté catholique chinoise, qui compte environ 12 millions de membres, est divisée entre l'Église officielle, reconnue par les autorités communistes, et une Église clandestine fidèle au pape.

À l'occasion de ce synode, le pape sera le premier à participer à la lecture publique «non-stop», pendant une semaine, des 73 livres de la Bible, lecture diffusée en direct par la télévision nationale, la RAI. Au total, 1200 personnes participeront, chacune entre 5 et 8 minutes, à ce «marathon» de lecture du livre saint, Benoît XVI lisant le livre de la Genèse.