Portes ouvertes dans les maisons de jeunes

Près de 50 000 jeunes fréquentent les maisons de jeunes à travers tout le Québec.
Photo: Pascal Ratthé Près de 50 000 jeunes fréquentent les maisons de jeunes à travers tout le Québec.

Pour une onzième année consécutive, les 143 maisons de jeunes du Québec ouvrent aujourd'hui leurs portes au grand public. L'invitation est simple: «Venez voir ce que les ados ont préparé pour vous.» Car si ces lieux sont fréquentés par près de 50 000 jeunes à travers la province, le reste de la population ignore bien souvent le rôle majeur qu'ils jouent dans la vie des 12-18 ans.

Une maison de jeunes, c'est d'abord un carrefour d'information, un espace d'échanges, de prise en charge des besoins et des projets des jeunes par les jeunes, mais aussi un lieu de passage et de progression vers l'autonomie. Ces maisons sont donc, en quelque sorte, le prolongement du coin de la rue, un lieu où on se retrouve entre amis pour flâner, rire, jouer, danser, jaser, rêver et réaliser des projets.

«C'est aussi le prolongement de la vie de famille, ajoute la coordonnatrice du Regroupement des maisons de jeunes du Québec (RMJQ), Céline Morin. On reproduit d'ailleurs souvent l'aménagement d'une maison où le salon, la cuisine et la salle de jeu occupent une place importante.»

Surtout, cet espace sert de lieu d'apprentissage des rouages de la vie en société, une société où les adolescents sont des acteurs importants. «Ils prennent part aux instances de la maison, et ils ont le pouvoir de changer les choses. Ils peuvent aussi apprendre qu'on peut parfois se tromper, mais qu'on peut aussi se reprendre, dialoguer, débattre, etc.», souligne Mme Morin, qui oeuvre dans le milieu depuis plus de 15 ans.

Cet engagement dans leur milieu, les jeunes issus des 25 maisons de jeunes de la Montérégie auront l'occasion de le démontrer aujourd'hui, puisque près de 200 d'entre eux prendront part à une journée de nettoyage et de reboisement des berges de la rivière Yamaska. Même le choix des essences des arbres qui seront plantés a fait l'objet d'une démarche rigoureuse, précise la coordonnatrice du RMJQ. L'année dernière, ils avaient déjà choisi d'adopter ce cours d'eau qui serpente sur une bonne partie du territoire de la région.

À Montréal, pour une deuxième année consécutive, les maisons ont organisé hier soir un gala visant à saluer les projets entrepris dans les différents établissements de la métropole au cours de la dernière année. En fait, chaque région organise aussi ses propres activités pour souligner l'événement. Une centaine sont inscrites à l'ordre du jour aujourd'hui.

On espère ainsi démontrer que l'image qu'on donne le plus souvent de l'adolescence est tout simplement fausse. «Quand on parle des adolescents, on les dépeint comme une classe à part dont il faudrait se méfier, déplore Céline Morin. C'est dommage. C'est pour cela qu'il est important de lutter contre les préjugés. Au lieu de marginaliser les jeunes, il faut leur donner une tribune pour leur permettre de s'exprimer, mais aussi ne pas hésiter à souligner leurs bons coups ou leur implication sociale.»

«Comme société, on doit prendre conscience que les 12-18 ans sont des éléments très actifs et éveillés qui peuvent nous amener à avoir un regard différent sur les choses», poursuit-elle.

La journée des maisons de jeunes est coordonnée par le RMJQ. Ce dernier défend un financement adéquat des maisons de jeunes pour en assurer le maintien et le développement. Il permet également à des jeunes de milieux différents et de régions diverses de se voir, d'échanger et de travailler ensemble aux grandes orientations du regroupement.