Projet d'Enbridge - Pas nécessairement plus de GES pour le Québec

Le projet d'Enbridge de transporter par pipeline vers le Québec du pétrole de l'Ouest canadien, dont celui des sables bitumineux, ne va pas augmenter nécessairement le bilan de gaz à effet de serre (GES) du Québec, car celui-ci dépend du type de pétrole qu'on y transportera et de sa concentration en carbone.

C'est ce qu'a affirmé hier au Devoir Steeve Kelly, vice-président de la firme de consultants internationaux Purvin & Getz, selon qui on doit porter un jugement nuancé sur ces questions très techniques. Cette société fournit une expertise réputée pour son indépendance, autant par rapport aux pétrolières que par rapport aux gouvernements.

Le projet d'Enbridge vise à inverser le cours du pétrole, présentement importé via Montréal vers les raffineries de Sarnia. Quelque 240 000 barils seraient envoyés chaque jour de l'ouest vers l'est des États-Unis et environ 80 000 barils vers les raffineries de Montréal. Ce projet a soulevé une levée de boucliers chez les groupes écologistes pour deux raisons. Certains disent que le pétrole des sables bitumineux, plus riche en carbone, va augmenter le bilan de GES du Québec. D'autres trouvent immoral d'encourager l'exploitation d'un pétrole qui serait de trois à six fois, selon les études, plus riche en émissions de GES que des «pétroles conventionnels».

Mais certains types de pétrole lourd ou extra-lourd qu'on peut importer en toute légalité par bateau au Québec, explique Steeve Kelly, sont à peu près aussi riches en carbone que le bitumen que pourrait transporter le pipeline d'Enbridge.

Par contre, dit-il, plusieurs pétrolières de l'Ouest font présentement subir un préraffinage à leur bitumen de sorte qu'elles pourraient exporter au Québec un pétrole synthétique qui s'apparente à un light crude comme en importe actuellement le Québec de la mer du Nord, par exemple.

Certes, reconnaît cet expert international, si les raffineurs de Montréal traitent un bitumen semblable à un pétrole lourd, les émissions des raffineries pourraient augmenter légèrement, car l'essentiel des émissions, rappelle-t-il, se produit quand on utilise le pétrole. Mais les émissions de nos raffineries pourraient ne pas augmenter, ou très marginalement, s'il s'agit d'un pétrole synthétique apparenté à un pétrole de type light crude. Il ne faut pas oublier, dit-il, qu'une grande partie des émissions associées au pétrole des sables bitumineux provient des gigantesques systèmes d'extraction et de l'énergie consommée par les procédés de lavage des sables à la vapeur. Mais ces émissions de GES vont apparaître dans le bilan albertain, pas dans celui du Québec.

Par contre, ce dossier soulève d'autres questions, comme le fait l'interdit adopté par la «section 526» d'une récente autorisation budgétaire accordée aux militaires des États-Unis. Ce projet de loi interdit aux militaires, les plus gros consommateurs de pétrole des États-Unis, d'acheter des combustibles qui produisent plus de GES que les pétroles conventionnels. Les écologistes prétendent que cela interdit l'achat de pétrole des sables bitumineux alors que les pétrolières de l'Ouest disent que cela ne cible que le «charbon propre», dont on tire un pétrole à grand renfort d'émissions de GES.
2 commentaires
  • Dominic Pageau - Inscrit 2 octobre 2008 10 h 54

    Le monde tourne autour des GES? Pu capable!

    Les GES continuent d'augmenter, pas la température moyenne globale qui est sur un plateau depuis 1998

    http://data.giss.nasa.gov/gistemp/graphs/Fig.C.lrg


    Toute cette propagande permet aux mouvements verts de vivre, aux scientifiques d'être publié et d'avoir des subventions, aux banquiers, financiers et boursicoteurs de vendre de nouveau produits comme des quotas de CO2 (un marché qui est évalué à 500 milliards en 2020) et les compagnies d'énergies qui se font subventionner à fond par les gouvernement pour rechercher de l'énergie "renouvelable" qu'elles vendent déjà à des prix de fous......

    Et pour nous? Rien, sauf la peur de la fin du monde et le fait qu'on doit payé tout plus cher.

  • Chryst - Inscrit 3 octobre 2008 16 h 31

    M. Pageau, vous m'avez fait rire...

    Ne savez-vous pas que le GIEC aurait agit en appliquant le principe de précaution. Ne vaut-il pas mieux qu'il en soit ainsi par mesure de prudence ?