Viaducs: Pierre Marc Johnson balaie les critiques des ingénieurs

Les critiques formulées par les ingénieurs du gouvernement du Québec au sujet de la sécurité des ponts et des viaducs québécois n'impressionnent pas l'ancien président de la commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, Pierre Marc Johnson.

Lundi, le président le l'Association des ingénieurs du gouvernement du Québec, Michel Gagnon, avait soutenu que le ministère des Transports du Québec (MTQ) ne disposait pas d'un nombre suffisant d'ingénieurs pour vérifier la conformité des travaux routiers réalisés à coups de milliards de dollars. Ces commentaires survenaient deux ans après l'effondrement du viaduc de la Concorde qui a fait cinq morts et six blessés, à Laval, le 30 septembre 2006.

Invité à commenter les propos du président du syndicat, Pierre Marc Johnson a dit, hier, qu'il ne partageait pas les inquiétudes de M. Gagnon: «Quand on est à la tête d'un syndicat d'ingénieurs, on a, au départ, des intérêts à défendre. Alors, je prends ça avec un grain de sel. Si l'Ordre des ingénieurs disait qu'il manquait d'ingénieurs sur les ponts pour la sécurité du public, ça me préoccuperait davantage», a-t-il indiqué en marge du discours du premier ministre Jean Charest devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Il a même eu de bons mots pour le travail effectué par le gouvernement Charest à la suite du dépôt de son rapport, en octobre 2007. «Un an après le dépôt du rapport de la commission, force est de constater que le gouvernement a pris une série de décisions qui amènent à s'occuper de ce qui est important, a-t-il expliqué. Je connais un certain nombre de ponts, que je savais problématiques, qui, en ce moment, sont ou démolis, ou en réparation, ou sur lesquels il y a une interdiction de circuler.»

Manque d'effectifs

Pour sa part, le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) s'est interrogé, hier, sur la capacité du MTQ d'entretenir les ponts et les viaducs rénovés à renfort de millions. À ce ministère, les effectifs sont passés de 7704 à 7134 employés, entre 2004 et 2007, a indiqué hier la présidente du syndicat, Lucie Martineau. Comme son collègue, elle soutient que l'insuffisance d'effectifs, combinée à un recours grandissant à la sous-traitance, ne permet pas de garantir qu'à long terme, les structures rénovées aujourd'hui pourront être entretenues adéquatement.

Les fonctionnaires réclament également que le gouvernement libéral renonce à la création de l'Agence québécoise des ponts et des viaducs. Perçue comme une stratégie pour réduire la taille de la fonction publique, cette agence «déresponsabilisera les décideurs politiques», croit Mme Martineau qui ne voit pas d'un bon oeil la gestion des chantiers confiée à un conseil d'administration dont les membres seront nommés selon leurs allégeances politiques.

Sur les ondes de LCN, la ministre des Transports, Julie Boulet, a tenté de dissiper les doutes au sujet de la sécurité des chantiers entrepris cette année. La plupart des recommandations formulées par le rapport de la commission dirigée par Pierre Marc Johnson ont été réalisées, a-t-elle rappelé en précisant que, d'ici à une dizaine de jours, les citoyens auraient accès, par Internet, à un système qui leur permettra de connaître l'état de l'ensemble des structures au Québec et la date à laquelle elles ont été inspectées.

La Ville de Montréal avait elle aussi entrepris d'inspecter ses viaducs à la suite de l'effondrement de celui de la Concorde. Trois des neuf viaducs mis en observation devront être reconstruits ou démolis, soit celui du boulevard Henri-Bourassa, à la hauteur de Pie-IX, et ceux situés à l'angle des chemins de la Côte-des-Neiges et Remembrance. Trois autres nécessiteront des réparations ou, même, une reconstruction, alors que deux autres n'inspiraient pas d'inquiétudes. Un seul a été fermé, soit celui donnant accès à la rampe de l'incinérateur des Carrières.

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Avec la collaboration de Kathleen Lévesque
1 commentaire
  • Dominic Pageau - Inscrit 1 octobre 2008 11 h 15

    Johnson est en conflit d'intérêt

    Il est proche de gros compagnies d'ingénéries civiles qui ont toutes à gagné du peu de surveillance.

    Il a fait un rapport qui n'accussait personne et qui allait donner des contrats juteux à ses amis.