Entrevue avec Alain Bideau - Le Centre Jacques Cartier s'ouvre sur le monde

Alain Bideau, directeur et fondateur du Centre Jacques Cartier
Photo: Jacques Grenier Alain Bideau, directeur et fondateur du Centre Jacques Cartier

L'an dernier, Alain Bideau, directeur et fondateur du Centre Jacques Cartier — qui réunissent chaque année plus de 2500 Rhônalpins et Québécois — avait annoncé qu'il voulait développer une collaboration plus forte avec le reste de l'Europe et tisser des liens avec l'Asie. Chose promise, chose due. Cette année, les Entretiens, qui se tiennent à Montréal et à Québec du 3 au 10 octobre, s'ouvrent particulièrement sur l'Europe, alors que, dès l'an prochain, ce sera au tour de l'Asie d'entrer dans le bal.

«Cette année, 119 universités et grandes écoles à travers le monde participent à nos colloques. Parmi elles, si plusieurs sont françaises et canadiennes, il y en a tout de même 26 qui sont situées ailleurs en Europe, dans 14 pays différents. Et c'est sans compter les participants américains. Toutes ces personnes viennent de milieux extrêmement variés, que ce soit du monde des affaires, de la culture, de la science ou de la sphère politique», affirme M. Bideau.

Réunir chaque année cette diversité exceptionnelle d'acteurs pour les amener à tisser des liens durables entre eux a été dès le départ l'objectif fondamental des Entretiens. Vingt ans plus tard, l'idée est toujours la même. C'est d'ailleurs ce qui assure un véritable rayonnement au Centre Jacques Cartier sur la scène nationale et internationale, croit son fondateur.

L'année prochaine, l'ouverture sur le monde se poursuivra avec la participation d'une dizaine de représentants de la Chine et de l'Asie du Sud-Est. «Et en 2010, on ajoutera des participants maghrébins et latino-américains», indique M. Bideau, la tête toujours bouillonnante de projets.

Entre Montréal et Québec

L'ouverture officielle des 21es Entretiens du Centre Jacques Cartier se déroulera le dimanche 5 octobre, à la Caisse de dépôt et placement du Québec, et réunira le gratin politique, économique et culturel. Gérald Tremblay, le maire de Montréal, y fera une allocution, suivi de Jean Charest et de Pierre-Marc Johnson, le tout nouveau président du conseil d'administration du Centre Jacques Cartier.

«Nous remettrons également le prix Jacques-Cartier des arts à Gilles Vigneault, grand ami du Centre», affirme M. Bideau, qui sera le maître de cérémonie de la soirée.

La ville de Québec, qui accueille quatre colloques cette année, aura aussi droit à sa cérémonie d'ouverture. «Bien évidemment, nous tiendrons à souligner le 400e anniversaire de la ville», indique l'organisateur des Entretiens. Ainsi, le mercredi

8 octobre, au Musée national des beaux-arts du Québec, la médaille du Centre Jacques Cartier sera remise à John Porter, directeur de la Fondation du Musée, ainsi qu'à Régis Labeaume, maire de Québec, Julie Boulet, ministre des Transports du Québec, et Denis Brière, recteur de l'université Laval.

Rapprocher les universités

Si le Centre Jacques Cartier crée des liens et suscite des échanges entre différentes régions du monde, on peut aussi se réjouir des efforts de collaboration qu'il favorise auprès des établissements universitaires. En fait, un comité scientifique a été formé avec les directeurs des quatre universités montréalaises et des trois écoles pour que, ensemble, ils élaborent une programmation originale.

«Les établissements universitaires et les partenaires du Centre comme la Ville de Montréal, certains ministères français et québécois ainsi que d'importantes sociétés publiques et parapubliques ont proposé des thèmes sur lesquels le comité scientifique a dû se pencher pour, finalement, faire une sélection», explique M. Bideau.

Au menu, donc, cette année, plusieurs colloques portant sur la santé et plusieurs autres touchant à divers sujets brûlants d'actualité. Des exemples? Comprendre le privé en santé, vieillissement et santé, gestion des matières résiduelles, sécurité routière, prise en compte de la diversité à l'école publique, gouvernance culturelle, marchés de carbone, alouette!

Et la collaboration entre les différentes universités montréalaises ne s'arrête pas là. En effet, les sept grands établissements d'enseignement universitaire de la ville se réuniront pour remettre chacun un doctorat honoris causa.

«Je crois bien que ce sera une première au Québec, et même en Amérique du Nord! Nous tentons aussi de renforcer les liens entre les universités francophones du Canada et celles de la région Rhône-Alpes en organisant, encore une fois cette année, une réunion des recteurs pour discuter de l'internalisation de la recherche et de partenariats avec les secteurs privé et public», affirme Alain Bideau, également directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

La particularité de cette rencontre? Les recteurs n'ont pas le droit de se faire remplacer: ils doivent être présents en personne! «C'est extraordinaire, parce que ça fonctionne! Pourtant, ces personnes ne se retrouvent pratiquement jamais, dans d'autres circonstances, assises à la même table», ajoute-t-il.

Le centième membre... pour bientôt !

L'an dernier, le fondateur du Centre Jacques Cartier a annoncé dans les pages du Devoir qu'il compterait 100 membres dans ses rangs en 2008. Une promesse presque tenue, explique-t-il.

«Dernièrement, nous sommes allés chercher des partenaires importants, comme la Communauté métropolitaine de Montréal, le ministère des Transports du Québec et le Barreau du Québec. Nous en sommes actuellement à un total de 94 membres et, d'ici au 31 décembre, nous devrions aller en chercher trois ou quatre autres très importants, alors nous serons très près des 100 membres annoncés.»

En plus de continuer à courtiser de futurs membres et, bien sûr, d'assurer l'organisation et le bon déroulement des Entretiens, l'homme-

orchestre poursuit ses démarches dans le but de créer une grande fondation qui rassemblerait toutes les activités liées au Centre Jacques Cartier. Cela permettrait d'entrer dans le réseau des grands donateurs et ainsi de dépersonnaliser la collecte de fonds, qui présentement repose entièrement sur les épaules de M. Bideau.

C'est ainsi que l'homme aux mille et un projets navigue entre le rêve et la réalisation, dans un enthousiasme manifeste. «Il faut bien continuer de rêver, s'exclame-t-il. Et la vie n'est faite que de projets!»

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Pour plus d'information sur les 21es Entretiens du Centre Jacques Cartier: www.ejc2008.concordia.ca.

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Collaboratrice du Devoir

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