Deux continents se rencontrent sur les bords du grand fleuve

Le Complexe des sciences de l’UQAM
Photo: Jacques Nadeau Le Complexe des sciences de l’UQAM

Comme s'il s'était agi de souligner le 400e anniversaire de Québec, jamais les Entretiens Jacques-Cartier n'auront été aussi spectaculaires. À l'exemple de ce qui se passe en Rhône-Alpes, où Lyon, Saint-Étienne et Grenoble sont des villes hôtesses, Montréal et Québec s'associent pour la tenue de la 21e édition de ce grand rendez-vous annuel que se donnent les «cousins» de la France et du Québec.

Le Centre Jacques Cartier ne cesse de voir grand. Année après année, il ajoute à sa liste des partenaires. L'année dernière, son directeur, Alain Bideau, avait établi un plan de croissance. Et il maintient le défi qu'il s'était alors fixé. «Dernièrement, nous sommes allés chercher des partenaires importants, comme la Communauté métropolitaine de Montréal, le ministère des Transports du Québec et le Barreau du Québec. Nous en sommes actuellement à un total de 94 membres et, d'ici au 31 décembre, nous devrions aller en chercher trois ou quatre autres très importants, alors nous serons très près des 100 membres annoncés.»

Et si ce centre est toujours basé à Lyon, il sait tisser étroitement ses liens avec cette terre outre-Atlantique qu'est le Québec. Les 21es Entretiens Jacques-Cartier auront aussi comme président d'honneur un ancien premier ministre du Québec, Pierre-Marc Johnson, et en ouverture ce sera le premier ministre actuel, Jean Charest, qui prononcera l'allocution. Et le parterre sera garni en ce dimanche après-midi à venir quand, le 5 octobre, se retrouveront en un même lieu hommes politiques d'ici et de la France, du président du conseil général de Rhône-Alpes aux maires des villes, soit Gérard Collomb, de Lyon, Gérald Tremblay, de Montréal, et Régis Labeaume, de Québec.

Et expansion géographique il y a aussi. Une fois aux quatre ans, les Entretiens se déplacent de l'Europe vers l'Amérique. Montréal les accueillait alors. Mais quatre centième anniversaire il y a, et l'occasion était donc belle pour faire en sorte que Québec devienne aussi ville hôtesse.

Des 21es aux 22 colloques

Deux villes, donc, et en une vingtaine de lieux, et ce n'est pas la matière qui va manquer pour détourner l'attention dans les milieux culturel, économique, politique et social, en ces jours où, en Nord-Amérique, certains vivront les derniers jours d'une campagne électorale et que d'autres seront à la veille d'une grande rencontre politique, celle de la Francophonie.

Et cette Francophonie, l'autre, celle de la connaissance, sera active: 22 colloques constituent le menu de ces 21es Entretiens. Santé, muséologie, tourisme, éducation, transport et plus encore feront l'objet de débats en ateliers, où des spécialistes de l'Europe et de l'Amérique viendront l'un après l'autre faire le point sur les avancées en leur domaine. Comme le rapporte Guy Berthiaume, ce coprésident du comité d'organisation des 21es Entretiens du Centre Jacques Cartier et vice-recteur à la recherche et à la création de l'Université du Québec à Montréal, «on a fait un appel à propositions à la fois dans la région Rhône-Alpes et au Québec et on a reçu près d'une cinquantaine de propositions de colloque. Un comité scientifique a retenu les plus porteuses.»

Des liens réels

Information et partage de connaissances sont donc à l'affiche. Mais les Entretiens, c'est plus que cela. Ce sont aussi des liens qui se tissent. Et des expériences qui se partagent. Depuis deux ans, le maire Tremblay «rêve» des tramways lyonnais, pendant que Gérard Collomb, son correspondant lyonnais, se félicite qu'au fil des ans se soit établi «un pool d'entreprises montréalaises, québécoises, lyonnaises et rhônalpines».

Et il y aussi la part hors colloques qui est non négligeable dans cette entreprise. Ainsi, si les visites à Lyon font saliver plus d'un «cousin», il ne faut pas non plus négliger le programme des activités culturelles qui animent toutes ces rencontres. Et des initiatives notoires ont aussi découlé de l'événement. Michel Côté est ainsi devenu le directeur du grand Musée des confluences dans cette ville qui compte en son enceinte une place publique signée Michel Goulet.

Car les Entretiens, c'est d'abord cela: des paroles, certes, mais aussi des actions concrètes. Ainsi, quand les gens de la Sytral, la société de transport public de la ville sise au confluent de la Saône et du Rhône, rencontrent les gens de la STM, ou de la montréalaise Agence métropolitaine de transport, on a parfois l'illusion que tous ces décideurs font partie de la même entreprise. Et cela vaut dans plus d'un secteur: demandez-le, pour vous en convaincre, aux universitaires.

Et pour s'assurer que cette belle amitié perdure, on comprendra qu'Alain Bideau rêve qu'un jour une fondation sera mise en place, question d'assurer une permanence à cette entreprise dont l'utilité est par les faits établie.