Les familles des victimes du vol 111 de Swissair se recueillent près des lieux de la tragédie

Un proche d’une victime de l’écrasement du vol 111 de Swissair se recueille, dix ans après l’accident, devant un monument à la mémoire des 229 victimes.
Photo: Agence Reuters Un proche d’une victime de l’écrasement du vol 111 de Swissair se recueille, dix ans après l’accident, devant un monument à la mémoire des 229 victimes.

Bayswater, N.-É. — Les familles des victimes de l'écrasement du vol 111 de Swissair survenu au large de Peggy's Cove, en Nouvelle-Écosse, il y a dix ans jour pour jour, ont déposé une fleur pour chacune des 229 victimes, hier, au pied d'un monument commémoratif.

Une centaine de personnes ont assisté à la cérémonie qui a eu lieu à Bayswater, où les noms des victimes sont gravés dans un monument de granit. Un autre monument est situé à Whalesback, toujours près de Peggy's Cove.

Les familles des victimes leur ont rendu hommage au son de deux harpes. Un résidant de l'endroit avait également peint 229 pierres en forme de coeur, une pour chaque passager et membre d'équipage de l'appareil qui effectuait une liaison entre New York et Genève, le 2 septembre 1998, lors de la tragédie.

L'écrasement du vol 111 de Swissair est l'une des pires catastrophes aériennes à s'être produites en sol canadien.

«À la prochaine, mon frère», a lancé Chris Martin, alors qu'il apposait sa main sur l'inscription du nom de son frère, Joe.

Plusieurs membres des familles des victimes se sont dits étonnés par la générosité des résidants des villes côtières de la Nouvelle-Écosse qui s'étaient précipités sur les lieux le soir de l'écrasement, espérant repêcher des survivants en mer.

«Les gens ici sont devenus véritablement des amis chers, parce qu'ils ont su comprendre notre peine, a confié David Wilkins, qui a perdu son fils de 19 ans dans l'écrasement. Nous avons l'impression d'être revenus à la maison.»

M. Wilkins a fait le voyage neuf fois depuis sa maison en Californie jusqu'en Nouvelle-Écosse pour revoir les lieux de la tragédie.

L'enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a révélé que le réseau de divertissement de bord avait enflammé des matières combustibles et mis hors service des éléments essentiels au vol. L'appareil avait piqué du nez vers St. Margarets Bay, avant de se désintégrer en d'innombrables pièces éparpillées dans l'océan.

Le rapport d'enquête sur l'écrasement de l'avion a été publié en 2003. Le BST a consacré 60 millions de dollars à cette enquête. Le rapport définitif comprenait 23 recommandations, dont la principale était de retirer le revêtement isolant couvrant le plafond de l'avion et qui pouvait s'enflammer.

Certaines voix se sont élevées pour critiquer le peu de suivi sur ces recommandations.

Le BST a indiqué que des mesures devaient encore être prises pour réduire les risques recensés dans 18 des 23 recommandations, y compris certaines portant sur le câblage et sur des isolants potentiellement inflammables.

«Comment se fait-il que, dix ans plus tard, nous avons des informations selon lesquelles seulement 5 des 23 recommandations ont été suivies? a demandé le rabbin David Ellis durant le service commémoratif. Qu'est-ce qui a cloché avec la bureaucratie?»

Le médecin légiste en chef de la Nouvelle-Écosse au moment de l'écrasement, John Butt, a aussi critiqué les autorités pour leur peu d'empressement à corriger le tir. «J'estime que c'est très décevant, a affirmé M. Butt, qui avait passé des mois à identifier des restes humains. Il n'est pas très rassurant d'embarquer dans un avion en sachant que des recommandations sur la sécurité n'ont pas été appliquées.»

Un membre du BST, Jonathan Seymour, a soutenu que l'autorité fédérale américaine responsable de l'aviation civile (FAA) devait en faire plus pour éviter qu'un tel drame se reproduise. «Il est frustrant de savoir que nous sommes bien loin d'où nous devrions être après dix ans», a-t-il dit.

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