Faute de visas, des cyclistes haïtiens et dominicains n'ont pu courir en Abitibi

Photo: Agence Reuters

Les cyclistes d'Haïti et de la République dominicaine ont dû faire une croix sur le Tour de l'Abitibi cette année.

Dans les deux cas, l'absence des athlètes est attribuable à des problèmes de visa.

Le 14 juillet, soit onze jours avant le début de cet événement sportif, les organisateurs du Tour ont appris que les demandes de visa de la moitié des six coureurs dominicains avait été refusées et que les autres demandes étaient encore à l'étude.

Après une intervention du député bloquiste d'Abitibi-Est, Yvon Lévesque, l'ambassade canadienne à Port-au-Prince (qui traite les demandes de visa venant de la République dominicaine aussi bien que d'Haïti) aurait ensuite consenti à émettre des visas à trois des athlètes dominicains.

Cependant, leur participation dans ces conditions n'était plus envisageable car, explique Marie-Pier Brunet, la coordonnatrice du Tour, «une équipe doit compter un minimum de cinq coureurs».

Selon Mme Brunet, l'ambassade canadienne a justifié ses trois refus en estimant que les demandes ne satisfaisaient pas aux principaux critères pour l'obtention d'un visa, soit l'«historique de voyage» des requérants, les raisons du séjour projeté au Canada, leurs moyens de subsistance, leur situation dans leur pays d'origine et l'assurance qu'ils quitteront le Canada dans les délais prévus.

Le document dont les organisateurs du Tour ont reçu copie ne donnaient pas de plus amples explications, selon Mme Brunet.

Le cas d'Haïti est un peu différent. Les organisateurs du Tour disent n'avoir pas pu communiquer de façon régulière avec leur partenaires haïtiens et avoir pris connaissance de la réponse négative de l'ambassade le 21 juillet, soit beaucoup trop tard pour essayer de renverser cette décision.

Les six épreuves du Tour de l'Abitibi, qui se termine aujourd'hui, ont été disputées par 154 coureurs originaires de huit pays, dont le Canada.

Les organisateurs de l'événement avaient envoyé aux délégations des pays invités et aux ambassades canadiennes concernées des lettres décrivant l'aide et les conditions d'hébergement offertes aux athlètes pendant leur séjour au Canada.

Selon une porte-parole de Citoyenneté et Immigration Canada à Montréal, il aurait peut-être été préférable qu'ils communiquent aussi avec le ministère afin de mieux préparer le travail des agents de visas sur le terrain. «Nous tentons de travailler de façon active», a indiqué hier Jacqueline Roby.

«Des refus arrivent parfois, même souvent. Parfois, nous n'avons pas le choix», reconnaît Mme Roby, qui signale en revanche que 82 % des demandes de visa de séjour ont été acceptées l'année dernière.

«Nous travaillons au cas par cas, nous ne faisons pas de discrimination selon les pays», a-t-elle ajouté.

Ce n'est pas la première fois que le député bloquiste Yvon Lévesque fait des démarches en faveur d'athlètes désirant participer au Tour de l'Abitibi. L'an dernier, il était intervenu avec succès pour faire accélérer la procédure et permettre la venue des coureurs du Kazakhstan et d'Haïti.

M. Lévesque a rappelé hier, dans un entretien téléphonique, que sa formation dénonce «la politique restrictive du gouvernement canadien» en matière de visas. «Des vérifications peuvent être faites, mais le bon sens n'est pas toujours utilisé dans l'analyse» des dossiers, a-t-il dit.

Le mois dernier, plusieurs participants africains au Congrès eucharistique et à la Conférence internationale sur le vieillissement tenus à Québec s'étaient vu refuser des visas d'entrée au Canada.