Avec les vacances de la construction - Tourisme: le pire est passé

À l'exception de Québec, la plupart des régions québécoises ont composé avec un début de saison estivale difficile sur le plan touristique, mais le pire est passé, avec l'élan donné par les vacances de la construction, selon divers intervenants du milieu interrogés cette semaine par La Presse canadienne.

Et ces derniers soutiennent que l'impact des célébrations du 400e anniversaire de Québec est un facteur parmi d'autres pour expliquer la baisse de l'achalandage en mai, en juin et au début de juillet.

La hausse du prix de l'essence et un mois de juin pour le moins pluvieux (19 jours à Montréal et 26 dans les Cantons-de-l'Est) sont aussi montrés du doigt pour expliquer la baisse du nombre des touristes.

Le directeur général de Tourisme Bas-Saint-Laurent, Pierre Laplante, estime que la diminution a été de 5 à 10 % avant les vacances de la construction, comparativement à la même période l'an dernier.

La situation a été moins rose encore dans les régions éloignées comme la Côte-Nord et la Gaspésie, où les gens parlent même d'une chute draconienne.

En Outaouais, même si on n'a pas de données, l'association touristique régionale parle aussi d'une baisse et de l'impact du 400e, mais elle mentionne que le vent est maintenant plus favorable. Au centre de villégiature Tremblant, dans les Laurentides, on a noté une baisse de 5 à 7 % en début de saison.

Force du huard

Moins d'Américains aussi, avec un recul de 10 %. Mais Tremblant rappelle que, en général, son emplacement accueille beaucoup plus d'Américains en hiver qu'en été. Le vice-président Ventes, marketing et communications, Alain Brochu, ajoute aussi le contexte économique, notamment la force du huard, pour expliquer la baisse de visiteurs provenant de l'extérieur du Québec.

M. Brochu reconnaît qu'il y a eu «un peu de retard en mai et juin», mais il ajoute «que les projections en matière de réservations sont à la hausse pour les prochains mois à Tremblant».

Interrogé sur l'effet du 400e, M. Brochu signale que plusieurs régions en profitent. «Des touristes ontariens ou étrangers vont certes à Québec, mais leurs déplacements se font aussi dans d'autres régions, ce qui fait que ces dernières bénéficient jusqu'à un certain point du 400e.».

Les Cantons-de-l'Est sont un bon exemple, comme le signale Alain Larouche, le directeur général de l'association touristique régionale.

«Les Américains connaissent notre région, dit-il, et ils s'arrêtent pour coucher une nuit, ce qui fait que les hôteliers enregistrent le meilleur score depuis 2002.»

Selon lui, la saison est bien lancée, car, à quelques petites exceptions près, les chiffres sont à peu près équivalents à ceux de l'an dernier, en faisant référence à la fréquentation dans les parcs régionaux, au zoo de Granby, dans le secteur du lac Memphrémagog ou sur la route des vins.

Au sujet de la tenue de nombreux congrès dans la Vieille Capitale, M. Larouche a tenu à signaler que les acteurs de l'industrie savaient depuis deux ans que «presque tout le monde voulait aller à Québec».

Depuis quelques semaines, certains intervenants touristiques ont déploré une baisse de fréquentation des visiteurs lors d'événements liés aux festivals régionaux, notamment, en raison du 400e. Même Montréal notait de nouveau une diminution des visiteurs américains sur son sol, cette année, notamment à cause de la force du dollar canadien. Tourisme Québec fera, en septembre ou octobre prochain, le bilan complet de la saison touristique de l'été.