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La qualité de l'eau autour de Montréal s'est légèrement améliorée

La qualité des ruisseaux et cours d’eau intérieurs s’est en général améliorée, même s’ils sont toujours peu nombreux à atteindre les normes.
Photo: Jacques Nadeau La qualité des ruisseaux et cours d’eau intérieurs s’est en général améliorée, même s’ils sont toujours peu nombreux à atteindre les normes.

La qualité des cours d'eau ceinturant la métropole s'est globalement améliorée l'an dernier, si on en croit le rapport 2007 du Réseau de suivi du milieu aquatique de la Direction de l'environnement et du développement durable de la Ville de Montréal. Un portrait à nuancer, selon la Fondation Rivières, qui estime qu'il reste beaucoup de chemin à faire.

La qualité bactériologique de l'eau en rive autour de l'île de Montréal s'est «légèrement améliorée» par rapport à 2006. Deux stations de mesures supplémentaires ont en effet atteint l'indice QUALO, pour un total de 60 sur 115. Cet indice est attribué lorsqu'une station maintient, pour l'ensemble de la saison estivale, une qualité bactériologique permettant la plupart du temps la pratique sécuritaire d'activités récréatives de contact avec l'eau.

Près de 90 % des 60 stations QUALO échantillonnées présentaient des taux de coliformes fécaux inférieurs à 200 par 100 ml, la norme permettant un contact direct avec l'eau. Parmi les stations QUALO, 26 le sont depuis les cinq dernières années, dont 11 depuis 1999. La quasi-totalité des secteurs où est mesurée la qualité de l'eau selon l'indice QUALO s'est améliorée. Les eaux autour de l'île Bizard se sont cependant détériorées et représentent une situation semblable à celle de 2005.

Pour sa part, la qualité des ruisseaux et cours d'eau intérieurs s'est en général améliorée, même s'ils sont toujours peu nombreux à atteindre les normes. Pour les ruisseaux, la proportion de stations de qualité excellente, bonne ou satisfaisante est passée de 20 % en 2006 à 29 % en 2007. La qualité de la majorité des ruisseaux est demeurée stable. Par ailleurs, les résultats pour les plans d'eau intérieurs, tels que le canal de Lachine, l'étang du parc Angrignon et le lac Lacoursière, sont bons. Les marais et marécages de l'île Bizard et le lac de la Brunante se sont détériorés.

Fait à noter, le communiqué annonçant la publication du rapport annuel du Réseau de suivi du milieu aquatique a été envoyé en toute fin de journée. «Nous constatons depuis quelques années une tendance graduelle de l'amélioration de la qualité de l'eau à Montréal, y déclare Richard Deschamps, conseiller associé à Montréal 2025, au développement économique et au développement durable à la Ville de Montréal. Les résultats positifs présentés dans ce bilan témoignent des efforts que déploie l'administration municipale pour réaffirmer le caractère insulaire de Montréal et redonner aux Montréalais un accès aux berges et aux plans d'eau intérieurs.»

«Par ailleurs, la Ville a annoncé en juin dernier des investissements importants dans un vaste programme concernant les raccordements inversés d'égouts sanitaires et d'égouts pluviaux qui permettront, entre autres, d'améliorer la qualité de l'eau à certains endroits», ajoute M. Deschamps. Il n'a pas été possible d'obtenir d'autres commentaires de la Ville.

Les résultats dévoilés hier démontrent peut-être que le portrait global s'améliore, mais ils ne doivent pas faire oublier que la situation est toujours critique dans plusieurs secteurs, affirme Anne-Marie Saint-Cerny, de la Fondation Rivières. «La pointe est de l'île de Montréal est carrément une zone sinistrée qui mériterait un plan d'urgence, plaide-t-elle. Encore aujourd'hui, on peut voir que les échantillonnages font état de concentrations de 1000 coliformes par 100 ml. C'est énorme, surtout qu'on y retrouve des zones de contact avec l'eau, notamment des parcs.»

Les problèmes connus et que les instances publiques tardent à régler sont d'ailleurs nombreux, rappelle Mme Saint-Cerny. «Il n'y a toujours aucune désinfection qui se fait à l'usine de filtration de Montréal. Quand il y a de fortes averses, ce qui se produit de plus en plus souvent, beaucoup d'égouts se retrouvent directement dans le fleuve. Il existe aussi plusieurs tuyaux inversés, c'est-à-dire que les égouts sont branchés à l'égout pluvial. La Ville sait que ces problèmes existent et il faut que ça cesse. Pas quand on les prend les culottes baissées, mais immédiatement. C'est une question de responsabilités.»

Seulement l'été dernier, souligne-t-elle, plusieurs contrevenants ont été pris en flagrant délit de pollution maritime. C'est le cas de La Ronde, qui déversait des eaux usées dans le Saint-Laurent, tout comme certains bateaux de croisière et des habitations de l'île des Soeurs.