Les Algériens n'ont rien à craindre, dit Coderre

Ottawa — De retour d'Algérie, le ministre fédéral de l'Immigration, Denis Coderre, se dit convaincu qu'il a pris la bonne décision en levant, en avril dernier, le moratoire sur le renvoi de ressortissants algériens, qui était en vigueur depuis 1997.

Le Comité d'action des sans-statut algériens n'est pas d'accord et demande à rencontrer M. Coderre, sans quoi il menace d'occuper ses bureaux le 30 janvier. Hier, le ministre a refusé net.

«Je ne les rencontrerai pas parce que je n'ai pas besoin de les rencontrer», a lancé le ministre en entrevue, précisant qu'il refusait de négocier «avec des comités».

«S'ils veulent rester, qu'ils respectent le processus, a lancé le ministre sur un ton exaspéré. À un moment donné, assez, c'est assez. [...] S'ils veulent manifester, qu'ils le fassent, mais l'opinion publique canadienne ne sera pas nécessairement d'accord avec eux.»

La levée du moratoire touche un peu plus de 1000 ressortissants, installés surtout au Québec, à qui on a refusé le statut de réfugié et qui seront renvoyés en Algérie s'ils ne répondent pas aux critères d'admission, a clairement affirmé Denis Coderre.

L'automne dernier, Ottawa et Québec ont toutefois annoncé des mesures exceptionnelles qui permettent aux ressortissants algériens de demander, sans quitter le pays, un certificat de résident permanent pour motifs humanitaires. Ils ont jusqu'à samedi pour le faire.

«On va démontrer de la compassion et, pour des raisons humanitaires, on peut garder des gens, a assuré le ministre. Mais il va falloir qu'on en renvoie.»

Le Comité d'action des sans-statut estime que la situation actuelle en Algérie demeure beaucoup trop dangereuse pour qu'on y renvoie des gens qui vivent depuis plusieurs années au Canada.

«Nous sommes très insultés et très surpris des déclarations du ministre», a déclaré un porte-parole du Comité, Smahil Behlouli. Selon lui, l'Algérie toute entière demeure en proie à la violence des extrémistes.

Le ministre a rétorqué que sa rencontre avec des juristes, des défenseurs des droits humains et des membres du gouvernement de l'Algérie l'ont conforté dans sa décision de lever le moratoire.

«Oui, il y a encore des problèmes, a convenu M. Coderre. [...] Mais entre la situation épouvantable qui risquait d'exploser il y a quelques années et la situation aujourd'hui, il y a quand même eu une évolution qu'il faut mentionner.» La peine de mort n'existe plus en Algérie, a-t-il souligné.