La SONACC nie avoir contesté la valeur foncière de l'hippodrome

La Société nationale du cheval de course (SONACC) se dissocie de la contestation de la valeur foncière de l'hippodrome de Montréal déposée au Tribunal administratif du Québec en février dernier.

La SONACC a fait parvenir hier une lettre à la Ville de Montréal pour lui signifier qu'elle n'est pas requérante dans ce dossier et qu'elle n'a jamais mandaté d'avocats pour être représentée devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ). C'est Le Devoir qui a appris à l'organisme gouvernemental, la semaine dernière, qu'il était requérant avec Attractions hippiques afin d'obtenir une réduction des deux tiers (de 32 millions à 10 millions) de l'évaluation municipale de l'hippodrome.

Attractions hippiques affirmait alors que c'est la SONACC qui pilotait le dossier. Hier, le porte-parole de l'entreprise dirigée par le sénateur libéral Paul J. Massicotte tenait un tout autre discours. «C'est une erreur. Au moment où le document a été rempli par un avocat, le nom de la SONACC a été mis là, mais c'est clair que ce n'est pas la SONACC», a affirmé Jean-Paul Lejeune.

Aussi, M. Lejeune a précisé que, contrairement aux documents officiels du TAQ, Attractions hippiques ne conteste pas la valeur foncière de l'ensemble de la propriété. L'inscription au rôle d'évaluation de Montréal indique que les bâtiments de l'hippodrome valent actuellement 13 millions alors que le terrain est évalué à 19 millions, pour un total de 32 millions.

«C'est une "technicalité" qui a été mal comprise. C'est Attractions hippiques qui demande une révision des bâtisses et non pas du terrain. Les bâtisses valent zéro. C'est un vieil hippodrome désuet juste bon à jeter par terre», a indiqué Jean-Paul Lejeune.

L'hippodrome de Montréal appartient à la SONACC, qui le loue pour un dollar par année à Attractions hippiques. La SONACC verse 200 $ par mois à Attractions hippiques pour occuper un bureau et un tout petit entrepôt dans sa propriété. Une éventuelle modification de l'évaluation municipale en faveur du locataire permettrait à ce dernier de voir son compte de taxes diminuer. Pour 2008, Attractions hippiques doit payer près de 1,3 million en taxes municipales.

Le directeur exécutif de la SONACC, Jean Bourdeau, a indiqué hier que le conseil d'administration de l'organisme gouvernemental sera saisi officiellement de la situation pour s'assurer qu'il n'y a aucune ambiguïté.

Me Robert Nantais, du cabinet Langlois, Kronstrom, Desjardins, qui représente Attractions hippiques, a expliqué que «la SONACC est partie au litige à titre de propriétaire» et que l'inscription de la SONACC ne constitue pas «une erreur».