Pénurie de logements - Le plan d'urgence du gouvernement, un secret bien gardé

Le gouvernement tarde à annoncer le plan d'urgence mis en place pour aider ceux qui n'auraient plus d'endroit où loger à compter du 1er juillet. Pourtant, ce plan est prêt, a confirmé hier, à l'Assemblée nationale, le ministre délégué à l'Habitation, Jacques Côté.

«Tous les efforts sont faits présentement pour faire face à la situation du 1er juillet et pour aider des personnes qui seront dans le besoin à cette date-là», a déclaré le ministre Côté alors qu'il répondait à une question de l'opposition sur la crise du logement. Il n'a toutefois pas voulu discuter du contenu de ce plan d'urgence récemment adopté par le conseil des ministres, en dépit des questions de la députée libérale Fatima Houda-Pépin, critique officielle de l'opposition dans ce dossier.


Au FRAPRU (le Front d'action populaire en réaménagement urbain), le porte-parole, François Saillant, n'était pas étonné de ce silence puisque, dit-il, le gouvernement a décidé que ces annonces n'auront lieu qu'au début de juin, ce qui apparaît bien tard pour le groupe.


Pierre Ayotte, vice-président de l'Association des propriétaires d'appartements du Grand Montréal, qui s'était déplacé à Québec pour l'interpellation, était tout aussi critique. «Nous sommes très, très déçus. Le ministre avait une occasion de se prononcer sur différents sujets, dont les mesures d'urgence du 1er juillet, et il ne l'a pas fait», regrettait-il.


Le ministre Côté a expliqué avoir récemment rencontré les autorités municipales de Montréal, de Laval, de Québec et de Gatineau afin de mettre au point un plan d'urgence. «Les moyens que nous avons mis en place, nous croyons qu'ils seront suffisants pour faire face à la situation», a dit le ministre.


La députée Houda-Pépin a blâmé le gouvernement pour son retard à agir, rappelant qu'il ne reste que cinq semaines avant la date fatidique du 1er juillet. Elle a aussi souligné que le 23 avril dernier, lors de l'étude des crédits, le ministre des Affaires municipales et de la Métropole, André Boisclair, avait déjà indiqué que le plan d'intervention était prêt.


Elle a précisé que le ministre Boisclair avait alors déclaré: «Nous allons toutefois attendre encore un certain temps avant d'en faire l'annonce publique parce que le message que nous voulons envoyer aux gens [...], c'est de continuer à multiplier leurs efforts.»


Mme Houda-Pépin en déduit que «l'intention du gouvernement, c'est d'arriver au pic de la crise pour dire qu'il va résoudre la crise».


Avec la Presse canadienne