Paul Watson chassé de Saint-Pierre-et-Miquelon

Le groupe écologiste du militant Paul Watson, opposé à la chasse aux phoques au large de la côte est du Canada, a dû quitter les petites îles françaises de Saint-Pierre-et-Miquelon, au sud de Terre-Neuve-et-Labrador, hier, quand des pêcheurs en colère ont tranché les amarres de son navire principal.

Le groupe Sea Shepherd Conservation Society a causé une controverse importante, plus tôt cette semaine, quand son dirigeant, Paul Watson, a déclaré que le massacre de milliers de phoques est une plus grande tragédie que le décès des quatre chasseurs lors du naufrage de l'Acadien II.

Hier, environ 25 résidants de la ville de Saint-Pierre ont manifesté devant le navire de M. Watson, le Farley Mowat, qui était amarré au port. Mais les amarres ont été coupées à coups de hache, après un affrontement entre les pêcheurs et les écologistes.

Le navire «peut revenir à ses risques et périls, a lancé le secrétaire général de la préfecture de Saint-Pierre-et Miquelon, André Varcin. Nous n'avons aucune raison de le refuser. Mais il sait que sa présence n'est pas [souhaitée] par une partie de la population.»

M. Watson a confirmé que son navire retournera dans le golfe du Saint-Laurent. Il continuera à surveiller la chasse aux phoques dans cette région, et près de la côte du Labrador.

M. Watson a expliqué qu'un membre de son équipage a filmé les incidents et qu'il pourrait porter plainte devant les tribunaux français. «C'est possible. Nous allons examiner la question. Nous avons vraiment tout documenté, a-t-il dit. Les caméras tournaient, et nous pouvons donc identifier les individus.»

M. Watson a aussi expliqué à la télévision de Radio-Canada qu'un membre de son équipage a lancé une grenade lacrymogène en direction des manifestants pour tenter de les disperser.

Le ministre fédéral des Pêches, Loyola Hearn, a de son côté indiqué que le groupe de M. Watson sera accusé de s'être trop approché de la chasse aux phoques le week-end dernier.

Chapelle ardente

Pendant ce temps, les corps de trois des quatre chasseurs madelinots décédés dans le naufrage de l'Acadien II ont été exposés en chapelle ardente hier après-midi, à l'hôtel de ville de Cap-aux-Meules.

Jusqu'à ce midi, la population peut ainsi rendre un dernier hommage à Bruno Bourque, Marc-André Déraspe et Gilles Leblanc. Les funérailles des trois marins auront lieu à 13h30, en l'église Saint-Pierre de Lavernière.

Les recherches ont autrement repris afin de retrouver le corps de Carl Aucoin, le seul chasseur toujours porté disparu. C'est le ministre Hearn qui a ordonné la reprise de ces recherches jeudi, quand certains se sont plaints que la Garde côtière avait mis fin à ses opérations trop rapidement.

Pour faire la lumière sur cet accident, M. Hearn a aussi nommé hier un contre-amiral à la retraite qui mènera l'enquête de la Garde côtière canadienne. Roger Girouard devra présenter à l'automne son rapport final au ministre Hearn et au commissaire de la Garde côtière canadienne (GCC), qui le communiqueront aux familles des victimes avant de le rendre public.

L'enquête doit établir le fil des événements et vérifier le respect et l'application des procédures de la GCC, y compris sa politique de remorquage.

Le Bureau de la sécurité des transports désire aussi examiner l'épave de l'Acadien II. Des mesures seront prises pour remorquer le navire qui flotterait toujours au large du Cap-Breton.

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D'après La Presse canadienne