Affaire Lizotte: deux, trois ou six coups de poing?

Une connaissance du portier Steve Deschâtelets est venue livrer un témoignage contradictoire hier au procès du policier Giovanni Stante pour voies de fait graves, voies de fait causant des lésions et homicide involontaire sur la personne de Jean-Pierre Lizotte.

Patrick Desjardins se souvient d'avoir vu l'agent Stante frapper Lizotte au visage à deux reprises, peut-être trois, pendant que le portier du Shed Café le maintenait par-derrière. Ce témoignage est très différent des déclarations que Desjardins avait livrées aux policiers le 22 septembre 1999 et aux procureurs de la Couronne le 6 mars 2000. Desjardins avait alors affirmé que Stante s'était élancé de trois à six fois sur Lizotte. Il avait continué à frapper l'itinérant pendant que Deschâtelets tentait de le clouer au sol, selon ces déclarations. Aujourd'hui, Desjardins affirme n'avoir aucun souvenir des circonstances dans lesquelles Lizotte s'est retrouvé au sol, ni de la façon dont le portier en est venu à relâcher sa prise. Et les trois à six coups sont remplacés par deux ou trois coups. «Ça s'est déroulé tellement rapidement, c'était une approximation sur le nombre de coups», a dit Desjardins en guise de justification. Lors de l'altercation, Lizotte a subi une luxation des vertèbres et des lacérations à la moelle épinière qui l'ont paralysé. Il est mort des suites d'une pneumonie provoquée par ces blessures. Deschâtelets, coaccusé dans cette affaire, subira son procès à une date ultérieure.