Nouveau rapport fédéral - Les douaniers canadiens et américains ont les mains liées

Ottawa — Les auteurs d'un rapport nouvellement rendu public affirment que les douaniers canadiens et américains ont les mains liées en raison de lois contradictoires en vigueur de chaque côté de la frontière, cela compliquant leurs efforts menés afin d'arrêter les criminels internationaux.

Les membres des équipes de surveillance frontalière ne peuvent se contacter par radio. Il leur est interdit de franchir la frontière entre le Canada et les États-Unis sauf à des points de passage officiels, même si les criminels préfèrent passer en douce par des endroits isolés. Et ils doivent renoncer à porter leur arme lorsqu'ils se rendent dans le pays voisin.

«La communication entre les partenaires et la coordination des activités n'ont pas été pleinement réalisées», est-il écrit dans le document, obtenu par La Presse canadienne en vertu des dispositions de la Loi sur l'accès à l'information.

«Les problèmes législatifs relatifs au port d'arme de part et d'autre de la frontière et à la juridiction du personnel chargé de l'application de la loi, combinés à l'insuffisance des ressources en matière d'application de la loi, principalement du côté canadien, constituent des obstacles à la chasse aux criminels et aux suspects à la frontière.»

Censuré, le rapport interne, préparé par le ministère fédéral des Travaux publics, porte sur les cinq premières années d'existence des Équipes intégrées de la police des frontières (EIPF).

Ces équipes sont constituées de membres de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de l'Agence des services frontaliers du Canada et de l'organisme américain équivalent, des services américains de l'immigration et de la garde côtière des États-Unis.

La GRC, principale agence canadienne représentée au sein des EIPF, contribue avec 150 agents et 25 millions de dollars par année au programme, dont les origines remontent à 1996, alors que des agents de la Colombie-Britannique ont commencé à travailler étroitement avec leurs homologues de l'État de Washington.

Il existe maintenant 23 EIPF, déployées dans 15 secteurs le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis. Leur mandat est d'intercepter les trafiquants de drogue, les immigrants illégaux de même que les terroristes.

Les autorités estiment que les membres de 240 organisations criminelles franchissent la frontière dans le cadre de leurs activités illégales.